Plus de 100 interpellés en Turquie lors de manifestations anti-OTAN avant le sommet
Les points importants
- Plus de 100 interpellations : La police turque a arrêté plus de 100 personnes lors de manifestations anti-OTAN à Ankara et dans d’autres villes avant le sommet.
- Le TKP proteste : Le Parti communiste de Turquie a organisé des marches et qualifié la répression de « crime ».
- Critiques des droits humains : Human Rights Watch et Amnesty International ont dénoncé l’interdiction des manifestations et les arrestations arbitraires.
La police turque a interpellé plus de 100 personnes lors de manifestations anti-OTAN à Ankara dimanche, a annoncé le Parti communiste de Turquie (TKP), alors que des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes avant le sommet de l’OTAN prévu cette semaine dans la capitale, selon le site d’information Bianet.
Le TKP a indiqué que la police était intervenue lors d’une marche dans le quartier central de Kızılay à Ankara et avait interpellé plus de 100 membres du parti, dont des responsables.
Dans un communiqué ultérieur publié lundi, le parti a précisé que 145 de ses membres avaient été arrêtés à Ankara, Kocaeli et Soma, un district de la province occidentale de Manisa.
“NATO’yla mücadele bir suç değil bir sorumluluktur” demiştik. AKP iktidarı ise, Filistin’de katliam sürerken, İran’a dönük ABD-İsrail saldırganlığının nereye evrileceği belli değilken, Ukrayna’daki savaşın kapsamının genişlemesi gündemdeyken NATO’yu protesto etmeyi suç olarak…
— TKP (@tkpninsesi) July 6, 2026
Le sommet des 7 et 8 juillet réunira les dirigeants des 32 États membres de l’OTAN à Ankara. Les autorités turques ont renforcé les mesures de sécurité dans la capitale, interdisant les manifestations, fermant des routes et érigeant des barricades autour de certains quartiers.
Des images d’Ankara montrent des manifestants brandissant des drapeaux et scandant des slogans comme « OTAN meurtrière, sors du pays » et « Pas de passage à l’OTAN », tandis que la police anti-émeute utilisait des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.
Le TKP a déclaré dans un communiqué que manifester contre l’OTAN n’était pas un crime.
« Malgré les interdictions et la pression, nous avons marché contre l’OTAN au centre d’Ankara », a déclaré le parti. « Manifester contre l’OTAN n’est pas un crime, c’est un honneur. »
Le parti a accusé le gouvernement de tenter de criminaliser les manifestations anti-OTAN à un moment où la guerre en Ukraine se poursuit, où la guerre d’Israël à Gaza fait rage et où les tensions régionales impliquant l’Iran s’intensifient.
« L’OTAN ne peut pas être blanchie par des décrets du ministère ou du gouvernorat », a déclaré le parti, appelant à la libération immédiate des personnes arrêtées.
Les manifestations ne se sont pas limitées à Ankara.
Le TKP a indiqué avoir organisé des marches à İstanbul, İzmir, Adana, Samsun et Çanakkale, tandis que d’autres groupes de gauche ont également organisé des rassemblements anti-OTAN.
À İstanbul, des centaines de personnes ont marché de la place Taksim vers Dolmabahçe, portant une banderole sur laquelle on pouvait lire « Retirez-vous de l’OTAN, saisissez les bases », selon des médias turcs.
Deux autres manifestations distinctes de groupes de gauche ont eu lieu à Kadıköy, mais aucun affrontement n’a été signalé lors des rassemblements stambouliotes, malgré une forte présence policière.
À İzmir, des manifestants ont marché à Buca vers une installation de commandement de l’OTAN, tandis que des rassemblements ont également eu lieu à Samsun, Çanakkale et Adana, où les participants ont appelé la Turquie à quitter l’OTAN et à fermer les bases militaires étrangères.
La Turquie est membre de l’OTAN depuis 1952 et accueille plusieurs installations liées à l’Alliance et aux opérations alliées, notamment le Commandement terrestre allié de l’OTAN à İzmir, la base aérienne d’İncirlik près d’Adana et le site radar de Kürecik à Malatya, qui fait partie du système de défense antimissile de l’OTAN.
Pour les groupes de gauche et anti-OTAN, ces bases symbolisent depuis longtemps la dépendance militaire de la Turquie envers l’Occident, tandis qu’Ankara affirme que l’appartenance à l’OTAN reste centrale pour la sécurité du pays.
La répression des manifestations de dimanche est intervenue après que des organisations de défense des droits ont critiqué la Turquie pour avoir imposé une interdiction générale des manifestations à Ankara avant le sommet.
Human Rights Watch a déclaré le mois dernier que l’arrestation d’au moins 209 personnes à Ankara avant le sommet montrait ce qu’elle a appelé « l’intolérance impitoyable » de la Turquie envers la liberté d’expression et de réunion.
Amnesty International a également demandé aux autorités turques de lever l’interdiction des manifestations, la qualifiant d’« excessive et injustifiable ».
L’OTAN indique que le sommet d’Ankara comprendra le Forum de l’industrie de défense du sommet de l’OTAN le 7 juillet, un événement de haut niveau axé sur la production, l’investissement et l’innovation en matière de défense.
Le sommet intervient alors que la Turquie cherche à mettre en valeur son industrie de défense et à renforcer son rôle au sein de l’OTAN, tandis que les organisations de défense des droits et les partis d’opposition accusent le gouvernement d’utiliser le sommet pour restreindre la dissidence.




