Une humoriste turque arrêtée pour une blague sur un sultan ottoman
L’humoriste turque Tuba Ulu a été placée en détention après une plaisanterie sur le sultan ottoman Soliman le Magnifique lors d’un spectacle, selon le parquet.
Le procureur général d’Istanbul a ouvert une enquête après la diffusion d’une vidéo du spectacle sur les réseaux sociaux. Ulu est accusée d' »insulte aux valeurs historiques, nationales et morales », selon un communiqué du parquet jeudi.
Les procureurs ont déclaré que les propos, contenant un langage explicite sur le souverain ottoman du XVIe siècle, avaient été diffusés publiquement en ligne, justifiant la mesure de détention exécutée par la police.
Les remarques comprenaient une blague évoquant la relation du souverain ottoman avec son épouse, Hürrem Sultan.
Cette affaire a suscité des critiques de la part des défenseurs de la liberté d’expression et des artistes.
L’Initiative des Femmes Humoristes, un collectif soutenant les comédiennes, a demandé la libération d’Ulu, affirmant que les humoristes ne devraient pas faire l’objet de poursuites pour leurs spectacles.
« L’humour est par essence critique, libre et reflet de la société », a déclaré le groupe dans un communiqué sur les réseaux sociaux. « Soumettre les expressions scéniques d’une humoriste à des procédures judiciaires porte atteinte non seulement à la liberté d’expression mais aussi à l’art et à la joie de vivre. »
Le collectif a également dénoncé ce qu’il qualifie de tentative de réduire au silence une humoriste femme et promis de suivre le processus judiciaire.
Soliman le Magnifique, qui régna sur l’Empire ottoman de 1520 à 1566, est considéré comme l’un de ses souverains les plus puissants. Sa relation avec Hürrem Sultan, une ancienne esclave devenue son épouse légale, marqua une rupture avec la tradition ottomane et fait l’objet d’études historiques et d’œuvres populaires.
Les observateurs internationaux classent régulièrement la Turquie parmi les pays les moins respectueux de la liberté d’expression et de la presse. Freedom House classe le pays comme « Non libre », tandis que Reporters sans frontières le place au 159e rang sur 180 pays dans son « Classement mondial de la liberté de la presse 2025 ».
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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