Une femme placée sous assignation à résidence pour insulte présumée envers Erdoğan
Les points importants
- Assignation à résidence : Une femme a été placée sous assignation à résidence pour avoir insulté le président Erdoğan lors d’un entretien de rue.
- Preuve vidéo : La police a utilisé les images de l’entretien pour justifier l’arrestation et les poursuites.
- Loi contestée : L’article 299, utilisé pour museler les critiques, est au cœur de l’affaire.
Un tribunal turc a placé une femme sous assignation à résidence pour avoir soi-disant insulté le président Recep Tayyip Erdoğan lors d’un entretien de rue à İstanbul.
La femme, identifiée seulement par les initiales Ş.B, a été arrêtée par la police suite à une enquête coordonnée par le bureau du procureur en chef d’Anadolu à İstanbul. La police l’accuse d’avoir tenu des propos sur Erdoğan qui constituent une infraction pénale en vertu du droit turc.
Le Département de la police d’İstanbul a déclaré que des agents de sa branche de sécurité ont arrêté Ş.B. après avoir examiné les images d’un entretien de rue au cours duquel elle aurait utilisé un langage insultant envers le président.
Après avoir été interrogée par la police, Ş.B. a été déférée devant le tribunal lundi. Le tribunal a ordonné sa libération sous contrôle judiciaire mais a imposé une mesure l’obligeant à rester chez elle pendant la durée de l’enquête.
Les procureurs enquêtent sur l’affaire en vertu de l’article 299 du Code pénal turc, qui fait de l’insulte au président une infraction pénale passible d’emprisonnement.
Cette affaire est la dernière d’une longue série d’enquêtes ouvertes en vertu de cette loi sous la présidence d’Erdoğan. Les groupes de défense des droits de l’homme et les défenseurs de la liberté d’expression critiquent depuis longtemps l’article 299, affirmant qu’il a été utilisé pour poursuivre des journalistes, des politiciens et des citoyens ordinaires pour des commentaires sur Erdoğan.
Les entretiens de rue, un format populaire sur les plateformes de médias sociaux turques et les chaînes YouTube, sont devenus un débouché de plus en plus visible pour la critique publique des politiques gouvernementales en période de difficultés financières et de restrictions à la liberté d’expression. De nombreux participants à des entretiens et créateurs de contenu ont fait l’objet d’enquêtes ces dernières années pour des commentaires faits lors de telles diffusions.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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