Une équipe du GAFI en visite en Turquie après son retrait de la « liste grise », selon un rapport
Une équipe d’évaluation du Groupe d’action financière (GAFI) devrait se rendre en Turquie ce mois-ci, près d’un an après le retrait du pays de sa « liste grise » pour ses progrès dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, ont déclaré cinq sources à Reuters.
Cette visite vise à évaluer si Ankara a maintenu les engagements qui ont conduit à son retrait de la liste. Un échec pourrait entraîner un retour de la Turquie sous surveillance renforcée, nuisant à sa réputation financière en cours d’amélioration.
Selon les sources, la délégation du GAFI prévoit des réunions du 24 au 28 novembre avec le Conseil d’enquête sur les crimes financiers (MASAK), des banques, des prestataires de services de paiement et d’autres institutions économiques. L’examen pourrait durer jusqu’à trois semaines.
La Turquie avait été inscrite sur la liste grise en octobre 2021, peu avant que sa monnaie ne plonge dans l’une de ses crises les plus graves, en raison d’un contrôle jugé insuffisant par le GAFI sur des secteurs vulnérables au blanchiment, notamment la banque et l’immobilier.
Vague de répression avant l’inspection
Un représentant du GAFI a confirmé une visite sur place en novembre sans fournir de détails. Le MASAK, qui coordonne directement avec l’organisme international, n’a pas répondu à Reuters.
En amont de la visite, les autorités turques ont lancé des enquêtes pour blanchiment présumé et suspendu ou saisi les activités de dizaines d’entreprises.
Selon des annonces de la banque centrale publiées au Journal officiel, au moins 10 sociétés de paiement – dont la marque prominente Papara – ont vu leurs licences suspendues ou révoquées, certaines pour transactions illégales présumées. La banque centrale recense actuellement 61 institutions de monnaie électronique agréées.
Ramazan Başak, ancien vice-président du MASAK, a estimé auprès de Reuters que les récentes enquêtes étaient justifiées mais tardives.
« La situation actuelle du secteur découle de trois erreurs : un contrôle insuffisant des actionnaires à la création, des audits inefficaces et l’absence de mesures rapides et adéquates », a-t-il déclaré.
Sociétés de paiement dans le collimateur
Le GAFI avait jugé la Turquie « partiellement conforme » en 2023 sur la régulation des actifs virtuels. Cette année marquait aussi un virage vers des politiques économiques plus orthodoxes, encourageant le retour de certains investisseurs étrangers.
Un banquier interrogé a indiqué que le secteur avait transmis aux autorités des rapports sur les structures actionnariales et les procédures d’agrément, alors que les prestataires de paiement se multipliaient depuis cinq ans.
Bancaires et sociétés de paiement s’inquiètent de cette croissance rapide, du nombre élevé de licences accordées et des lacunes dans le contrôle des réseaux relationnels, a ajouté la source.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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