La Turquie demande une exemption des droits de douane de l’UE sur les petites commandes en ligne
Les points importants
- Négociations commerciales : la Turquie réclame une exemption des droits de douane de l'UE pour les biens couverts par l'union douanière.
- Nouvelle taxe européenne : une redevance de 3 € frappe les commandes en ligne de moins de 150 € en provenance de l'extérieur de l'UE.
- Traitement préférentiel maintenu : les exportateurs turcs utilisant le document A.TR peuvent encore bénéficier de l'exemption sous certaines conditions.
La Turquie cherche à protéger ses exportateurs d’une nouvelle taxe douanière de l’Union européenne sur les petites commandes en ligne, arguant que les biens couverts par l’union douanière avec le bloc ne devraient pas être traités comme les produits expédiés depuis d’autres pays hors UE, a annoncé jeudi le ministre turc du Commerce, Ömer Bolat.
L’UE a commencé mercredi à appliquer une taxe temporaire de 3 € sur de nombreux articles achetés en ligne d’une valeur de 150 € ou moins, expédiés dans le bloc depuis l’extérieur de l’UE.
Cette mesure met fin à une exemption de droits qui permettait à de nombreux petits colis d’entrer dans l’UE sans droits de douane, un système que Bruxelles jugeait désavantageux pour les entreprises européennes face aux vendeurs étrangers.
La nouvelle taxe s’applique par catégorie douanière et non par colis.
Ainsi, un colis contenant plusieurs t‑shirts sera soumis à une taxe unique de 3 €, tandis qu’un colis contenant un t‑shirt et une montre sera taxé à 6 € car les produits relèvent de catégories douanières différentes.
L’UE affirme que cette mesure vise à répondre à la croissance des petites commandes en ligne en provenance de l’extérieur du bloc, notamment via les plateformes chinoises Shein, Temu et AliExpress, ainsi qu’à lutter contre la fraude douanière, les risques pour la sécurité des produits et les distorsions de concurrence.
La Commission européenne indique que près de 5,9 milliards d’articles de faible valeur ont été expédiés directement depuis des pays hors UE vers les consommateurs du bloc en 2025.
Les enquêtes de l’UE en 2025 ont également révélé que plus de 60 % des produits testés dans les catégories cosmétiques, jouets, électronique, compléments alimentaires et équipements de protection ne respectaient pas les normes européennes.
La taxe de 3 € doit rester en vigueur jusqu’au 1er juillet 2028, date à laquelle le hub de données douanières de l’UE devrait commencer à fonctionner pour les envois de commerce en ligne.
Après cette date, l’UE prévoit de passer à des droits de douane normaux basés sur le type de produit.
Bolat a déclaré que la Turquie avait mené des discussions avec la Commission européenne dès le début des préparatifs de l’UE afin de préserver les droits de ses exportateurs au titre de l’union douanière.
La Turquie et l’UE entretiennent une union douanière depuis 1995.
Celle-ci couvre les biens industriels et les produits agricoles transformés, mais pas les produits agricoles bruts, le charbon, l’acier, les services ni les marchés publics.
Les biens couverts par l’union douanière peuvent circuler entre la Turquie et l’UE sans droits de douane s’ils sont en libre pratique et munis du document douanier requis.
Bolat a précisé que la Commission européenne avait informé Ankara que les produits en libre pratique en Turquie et expédiés vers l’UE avec un document A.TR peuvent continuer à bénéficier d’un traitement préférentiel s’ils sont déclarés via la déclaration en douane H1.
Cela signifie que les exportateurs turcs peuvent toujours utiliser la protection de l’union douanière, mais ils pourraient avoir besoin d’une déclaration en douane plus complète que la déclaration simplifiée utilisée pour de nombreux petits envois en ligne.
Bolat a qualifié la position de l’UE de gain important pour la préservation de l’union douanière dans le commerce en ligne.
Il a indiqué que la Turquie souhaitait que le système fonctionne de manière à ne pas imposer de nouvelles charges aux exportateurs turcs en ligne et qu’il soit appliqué de façon pratique et uniforme dans toute l’UE.
Il a également déclaré qu’Ankara cherchait à obtenir une exemption d’une redevance de traitement séparée que l’UE envisage d’introduire ultérieurement.
La Commission européenne précise que la redevance de traitement proposée est distincte de la taxe douanière de 3 € et vise à couvrir les coûts de traitement douanier.
Bolat a plaidé que la Turquie devrait être exemptée en raison de ses liens d’union douanière avec l’UE et de son alignement sur les règles de sécurité des produits et les règles douanières européennes.
La question survient alors que la Turquie presse depuis longtemps l’UE de mettre à jour l’union douanière, qu’Ankara juge inadaptée aux schémas commerciaux actuels.
Les négociations d’adhésion de la Turquie à l’UE sont au point mort depuis des années en raison de divergences sur l’État de droit, les droits de l’homme et le recul démocratique, mais le commerce reste l’un des principaux domaines de coopération entre les deux parties.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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