Un tribunal turc ordonne l’arrestation de 47 personnes, dont des membres de l’opposition de gauche et des journalistes
Un tribunal turc a ordonné jeudi l’arrestation de 47 personnes, principalement des membres du Parti socialiste des opprimés (ESP) de gauche, ainsi que des journalistes, pour des accusations d' »appartenance à une organisation terroriste » et de propagande, a rapporté le Stockholm Center for Freedom.
Le tribunal pénal de paix d’Istanbul a également décidé de libérer neuf détenus dans l’attente de leur procès, sur un total de 56 personnes déférées devant le tribunal pour arrestation par le parquet d’Istanbul.
Parmi les personnes arrêtées figurent l’ancien député et co-président de l’ESP Murat Çepni ainsi que les journalistes Pınar Gayıp, Nadiye Gürbüz et Elif Bayburt. Ils sont accusés d' »appartenance à une organisation terroriste » et de « diffusion de la propagande d’une organisation terroriste ».
Des représentants de plusieurs partis politiques se sont rassemblés devant le palais de justice d’Istanbul mardi, répondant à l’appel de l’ESP. Les manifestants ont dénoncé ces détentions qu’ils qualifient de « génocide politique » et exigé la libération immédiate des personnes arrêtées.
Ces individus ont été arrêtés lors de raids policiers menés le 3 février dans 23 provinces. Les procédures judiciaires se poursuivent pour 45 autres personnes interpellées lors de ces mêmes opérations.
Le Bureau juridique des opprimés (EHB) a déclaré que l’enquête repose sur des témoignages, la participation des suspects à des réunions et manifestations, ainsi que de petits transferts d’argent entre eux, selon le Conseil d’enquête sur les crimes financiers (MASAK). L’EHB a ajouté qu’au vu de l’ampleur des arrestations, il considère cette affaire comme une tentative de dissolution de l’ESP.
Ces opérations policières interviennent dans un contexte de manifestations massives en Turquie contre l’offensive de l’armée syrienne dans le nord-est de la Syrie, contrôlé par les Kurdes.
Le nord-est syrien est largement contrôlé par les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes, un allié clé des États-Unis dans la lutte contre l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL).
Ankara considère les Unités de protection du peuple kurde (YPG), qui dominent les FDS, comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit et qualifié d' »organisation terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux, dont l’Union européenne et les États-Unis. Ce conflit a fait plus de 40 000 morts depuis 1984.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




