Un tribunal turc emprisonne 33 étudiantes pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Les points importants
- Arrestations massives d’étudiantes : 33 femmes incarcérées après des perquisitions menées dans 12 provinces turques.
- Accusations infondées : participation à des activités de groupe et voyages touristiques dans les Balkans présentés comme un soutien au mouvement.
- Répression persistante : plus de 126 000 personnes condamnées depuis 2016, des milliers de sympathisants contraints à l’exil.
Un tribunal turc a placé en détention provisoire 33 étudiantes poursuivies pour des liens présumés avec le mouvement Gülen, fondé sur la foi, après leur arrestation dans le cadre d’une enquête basée à Izmir, a rapporté le site d’information TR724 (article en turc).
Les étudiantes faisaient partie des 78 personnes arrêtées lors d’opérations de police dans 12 provinces. Les opérations couvraient Izmir, Adana, Aydın, Balıkesir, Bilecik, Denizli, Düzce, Isparta, Kütahya, Manisa, Niğde et Uşak.
Le parquet général d’Izmir, qui dirigeait l’enquête, a accusé les étudiantes d’avoir participé aux activités en cours du mouvement, de lui avoir apporté un soutien financier, d’avoir suivi des programmes à l’étranger que les autorités qualifiaient de tourisme déguisé et d’avoir aidé à couvrir les frais de loyer et de nourriture pour des maisons que le groupe aurait utilisées.
Les étudiantes ont été interrogées sur des activités telles que la location de maisons en commun, le partage des dépenses, les rencontres entre amis et les voyages touristiques dans des pays des Balkans comme la Bosnie-Herzégovine.
Lors des perquisitions domiciliaires, la police a saisi des devises étrangères, des métaux précieux, des livres turques, des documents et du matériel numérique d’une valeur d’environ 3,3 millions de livres turques (82 000 dollars).
Trente-neuf étudiantes ont été déférées devant le tribunal après leur arrestation. Six ont été libérées sous contrôle judiciaire, une mesure pouvant inclure des pointages réguliers auprès des autorités ou des restrictions de déplacement.
Parmi les incarcérées figuraient des étudiantes de plusieurs universités de l’ouest de la Turquie, notamment en médecine, droit, ingénierie et théologie.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le défunt prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué, ainsi que certains membres de sa famille et de son entourage. Il a rejeté ces enquêtes comme un complot des sympathisants du mouvement Gülen et a ensuite désigné le mouvement comme Organisation terroriste en mai 2016, intensifiant une répression massive après une tentative de coup d’État en juillet de la même année, dont il a accusé Gülen d’être l’organisateur. Le mouvement nie toute participation à la tentative de coup d’État ou à toute activité terroriste.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, et 11 085 sont toujours en prison. Les procédures judiciaires se poursuivent pour plus de 24 000 individus, tandis que 58 000 autres font toujours l’objet d’enquêtes actives, près d’une décennie plus tard.
Outre les milliers de personnes emprisonnées, des dizaines d’autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article est republié depuis le Stockholm Center for Freedom.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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