Un tribunal turc bloque l’accès à des articles sur la correspondance Epstein d’un PDG pro-Erdoğan
Un tribunal turc a bloqué l’accès à des articles concernant des échanges emails impliquant le PDG d’un holding pro-gouvernemental, apparus dans une nouvelle divulgation de documents américains liés au financier déchu Jeffrey Epstein, selon EngelliWeb, un projet surveillant la censure en ligne en Turquie.
EngelliWeb rapporte que le 8ᵉ tribunal pénal de paix d’Istanbul a émis cette ordonnance mardi, invoquant la « sécurité nationale » et la « protection de l’ordre public » pour bloquer les articles sur les emails d’Ahmet Mücahit Ören, PDG d’İhlas Holding.
İhlas Holding, propriétaire de médias et proche du gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan, est sous les feux des projecteurs depuis que les emails d’Ören sont apparus dans les « dossiers Epstein », un ensemble de documents d’enquête publiés par le ministère américain de la Justice.
Parmi ces emails figure un message de 2004 où Ören écrit à Ghislaine Maxwell, proche collaboratrice d’Epstein : « Merci beaucoup. Et j’ai besoin d’apprendre de vous pour être plus coquin.. »
Tam olarak şuna gelmiş erişim engeli, paylaşmayın:
“And I need to learn more from you to be naughtier…” https://t.co/KmbJp1tFCq pic.twitter.com/B4haNYPTvX
— Esref Larsen (@esrefyedek) February 10, 2026
Ören a nié tout comportement répréhensible, affirmant que cet email n’avait pas de connotation sexuelle mais concernait du réseautage professionnel.
EngelliWeb est géré par l’Association pour la liberté d’expression, une ONG turque documentant les blocages de sites et autres décisions de censure.
Nouvelle enquête en Turquie
Ce blocage intervient alors que des procureurs d’Ankara ont ouvert une enquête sur d’éventuels liens turcs dans l’affaire Epstein.
Le parquet d’Ankara a lancé cette investigation le 23 décembre 2025 après qu’un député du parti IYİ (Bon), Turhan Çömez, ait posté sur X que des documents américains évoquaient des jeunes filles turques emmenées sur l’île d’Epstein. Selon des sources médiatiques, les procureurs examinent les sections concernant la Turquie parmi les 3 millions de documents divulgués par le ministère américain de la Justice.
Cette initiative fait suite à une plainte déposée par l’ONG turque Önce Çocuklar ve Kadınlar Derneği, dédiée à la protection des femmes et des enfants.
Les procureurs avaient classé sans suite une précédente enquête le 16 juin 2025, faute de preuves que les crimes allégués aient été commis en Turquie.
Lors de cette première enquête, une femme identifiée comme Banu K., résidant aux États-Unis, avait témoigné n’avoir aucun lien avec l’affaire Epstein.
Une divulgation qui fait trembler la planète
Le ministère américain de la Justice a publié le 30 janvier plus de 3 millions de pages d’archives liées à l’affaire Epstein, ainsi que 180 000 images et 2 000 vidéos compilées par les agences fédérales et locales.
Ces documents, expurgés pour protéger les victimes, ne contiennent pas de nouvelles inculpations. Le ministère avertit que certains ne sont pas consultables électroniquement car intégrés dans des PDF non indexés.
Cette divulgation alimente des investigations dans plusieurs pays alors que journalistes et citoyens scrutent emails, voyages et réseaux de contacts.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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