Un tribunal libère tous les accusés emprisonnés pour des allégations d’abus sexuels sur des stagiaires au Parlement turc
Un tribunal d’Ankara a ordonné jeudi la libération de quatre accusés emprisonnés jugés pour des allégations d’abus sexuels et de harcèlement sur des lycéens stagiaires travaillant au Parlement turc.
Selon le Code pénal turc, l’article 103 couvre les abus sexuels sur enfants et inclut des comportements sexuels mineurs décrits dans la traduction anglaise comme « sollicitations sexuelles », tandis que l’article 105 traite séparément du harcèlement sexuel, y compris sur mineur. La loi considère l’abus sexuel sur enfant comme plus grave qu’un harcèlement ordinaire, mais le terme ne signifie pas systématiquement viol.
Les accusés sont des employés de la cafétéria parlementaire inculpés pour abus sexuel sur mineur et harcèlement sexuel sur mineur. Les procureurs demandent des peines allant jusqu’à 16 ans et demi de prison pour chaque accusé.
La décision est intervenue malgré la demande des procureurs de maintenir les accusés en détention dans l’attente du jugement.
L’affaire remonte à une enquête déclenchée après qu’une stagiaire a porté plainte en décembre, alléguant avoir été harcelée sexuellement par un employé de cafétéria lors d’un stage au parlement.
Les procureurs affirment que quatre filles mineures au moment des faits ont été harcelées par cinq employés de cafétéria lors d’un stage parlementaire dans le cadre du programme turc de formation professionnelle en entreprise.
Lors d’une audience jeudi devant le 57e tribunal pénal d’Ankara, les procureurs ont réitéré leur demande de condamnation et le maintien en détention des quatre accusés.
Le tribunal a rejeté cette demande et ordonné la libération sous contrôle judiciaire de Halil İlker Güner, Durmuş Uğurlu, İbrahim Beşlioğlu et Recep Seven, avec interdiction de quitter le territoire.
Les juges ont invoqué l’absence de risque de fuite, le fait que la plupart des preuves étaient déjà recueillies et la résidence fixe des accusés.
Il s’agit de la deuxième libération des accusés dans cette affaire. Le même tribunal les avait libérés en février, mais une cour supérieure avait ordonné leur réincarcération après un recours du parquet d’Ankara.
Plusieurs accusés ont nié les faits lors de l’audience et demandé leur acquittement. Certains ont reconnu avoir contacté les stagiaires par messages mais nié tout acte criminel.
Un avocat a par ailleurs questionné l’éventuelle extension de l’enquête à des figures parlementaires, dont l’ex-député du Parti AKP Mahir Ünal, précédemment cité dans des articles sur l’affaire.
Les avocats des plaignantes ont demandé la condamnation des accusés, arguant qu’un prolongement des procédures pourrait aggraver le préjudice subi par les victimes. Une mère a évoqué des contacts physiques répétés non consentis et demandé les peines maximales, tandis qu’une autre a cité les échanges de messages comme preuves. Le procès a été ajourné au 2 juillet.
Ces allégations avaient suscité l’émoi fin 2023 après des rapports sur le harcèlement de lycéennes stagiaires affectées aux restaurants du parlement.
Le parlement avait ouvert une enquête interne suite à une plainte familiale. Cinq employés de cafétéria avaient fait l’objet de sanctions disciplinaires, et le dossier avait été transmis aux procureurs.
En 2018, le parlement avait confirmé le licenciement d’un employé masculin pour harcèlement sur une stagiaire de 16 ans après une enquête interne.




