Un réfugié turc arrêté au Kenya risque un retour forcé en Turquie selon Amnesty
Mustafa Güngör, un réfugié turc résidant au Kenya, a été arrêté avec sa famille et risque un refoulement vers la Turquie, a déclaré Amnesty International Kenya dans un post sur les réseaux sociaux dimanche.
Güngör a été arrêté avec son épouse Zeliha, leurs deux filles et ses beaux-parents, et fait face au risque d’un retour forcé en Turquie en raison de ses liens présumés avec le mouvement Gülen, une organisation inspirée par la foi. Des inquiétudes ont été soulevées quant aux répercussions possibles sur sa famille.
Son arrestation aurait fait suite à une demande des autorités turques dans le cadre de ce qu’Amnesty a décrit comme un accord d’entraide judiciaire. Güngör est enregistré comme réfugié au Kenya et détient une carte d’identité de réfugié valide.
Selon son profil LinkedIn, Güngör travaille comme directeur informatique des Light Academy Schools au Kenya depuis décembre 2011.
URGENT ACTION: FEAR OF REFOULEMENT IN KENYA
Amnesty International is deeply concerned that Mustafa Güngör who was arrested with his wife Zeliha, daughters Seniha Betül and Zeynep, and his in-laws Zümrüt and Salim is at serious risk of refoulement to Türkiye, where he could be… pic.twitter.com/fglE3Ufb9N— Amnesty Kenya (@AmnestyKenya) December 20, 2025
Le président Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le regretté clerc musulman Fethullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué, ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche.
Qualifiant ces enquêtes de coup d’État ourdi par le mouvement Gülen et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à s’en prendre aux membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « organisation terroriste » en mai 2016 et a intensifié la répression après une tentative de putsch avortée en juillet de la même année, qu’il a attribuée à Gülen. Le mouvement nie fermement toute implication dans cette tentative de coup d’État ou dans toute activité terroriste.
L’arrestation de Güngör suscite des craintes de refoulement après le renvoi forcé de quatre ressortissants turcs depuis le Kenya l’année dernière, malgré la protection du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Cette décision a provoqué de vives critiques, notamment de la part du secrétaire général de l’ONU António Guterres.
Selon le principe de non-refoulement du droit international, les demandeurs d’asile et les réfugiés doivent être protégés contre un renvoi vers un pays où leur vie ou leur liberté serait menacée. Ce principe est un pilier de la protection des réfugiés, inscrit dans la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés des Nations unies ainsi que dans la loi kényane sur les réfugiés de 2021.
Depuis la tentative de coup d’État, la longue main d’Erdoğan s’est étendue à des dizaines de milliers de citoyens turcs à l’étranger. De la surveillance via les missions diplomatiques et les organisations de la diaspora pro-gouvernementales au refus de services consulaires en passant par l’intimidation pure et simple et les renditions illégales, le gouvernement turc a employé un large éventail de tactiques contre ses critiques à l’étranger. Cette campagne s’est surtout appuyée sur des renditions, où la Turquie et son Organisation nationale du renseignement (MİT) persuadent d’autres États de livrer des individus sans procédure régulière. Les victimes de ces opérations ont signalé plusieurs violations des droits de l’homme, notamment des arrestations arbitraires, des actes de torture et des mauvais traitements. Le MİT a reconnu avoir mené des opérations pour le retour forcé de plus de 100 personnes accusées de liens avec le mouvement Gülen.
Cet article s’appuie sur des reportages du Stockholm Center for Freedom.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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