Un homme d’entretien aurait volé des millions en or du palais de justice d’Istanbul avant de fuir au Royaume-Uni
Un homme d’entretien d’un palais de justice d’Istanbul est accusé d’avoir vidé un coffre contenant environ 147 millions de livres turques (3,5 millions de dollars) en or et argent avant de quitter la Turquie avec son épouse quelques jours plus tard. Ce vol soulève des questions sur la sécurité au sein des bâtiments judiciaires du pays.
Le vol a eu lieu dans la salle des preuves du palais de justice de Büyükçekmece, sur la rive européenne d’Istanbul. Les objets manquants étaient des kilos d’or et d’argent conservés comme preuves dans des affaires pénales en cours.
Les enquêteurs affirment que le suspect, Erdal Timurtaş, est arrivé avant le début de la journée de travail le 13 novembre et a utilisé une clé pour ouvrir la salle des preuves.
Des images de sécurité citées par les médias turcs le montrent déverrouillant les coffres, chargeant l’or et l’argent dans un chariot normalement utilisé pour les dossiers judiciaires et recouvrant le métal de sacs noirs pour ressembler à des déchets ou des documents.
Aucune alarme ne s’est déclenchée à ce moment-là, et l’incident est resté inaperçu pendant plus de deux semaines.
La disparition a été découverte le 1er décembre, lorsqu’un procureur a ouvert les coffres lors d’une inspection programmée.
Les salles des preuves en Turquie stockent de l’argent liquide, des devises étrangères, des métaux précieux, des bijoux, des armes, des drogues et d’autres matériaux saisis par les tribunaux et la police. Les articles sont censés être enregistrés dans une base de données nationale et stockés sous contrôle strict.
Le fait qu’un homme d’entretien ait pu entrer dans la salle, retirer de grandes quantités de métaux précieux et partir sans être immédiatement détecté soulève des questions sur le respect des protocoles de sécurité.
Les enquêteurs indiquent que Timurtaş et son épouse ont quitté Istanbul le 19 novembre par un vol au départ de l’aéroport Sabiha Gökçen.
Selon les médias, il avait obtenu un visa britannique plusieurs mois auparavant, ce qui suggère une planification préalable.
Lorsque le vol a été découvert le 1er décembre, le couple se trouvait déjà hors de Turquie.
Les autorités ont demandé au ministère de la Justice de solliciter un mandat d’arrêt international via INTERPOL. Toute extradition dépendra des procédures juridiques britanniques.
Un suspect arrêté en Turquie
Au moins un suspect en Turquie, identifié seulement par les initiales K.D., a été placé en détention provisoire.
Selon les médias locaux, les tensions ont augmenté au sein du palais de justice de Büyükçekmece, où le procureur superviseur, Yavuz Engin, a déposé une plainte pénale concernant des articles affirmant qu’il faisait l’objet d’une enquête.
Selon la loi turque, les greffiers des preuves et les procureurs superviseurs peuvent être tenus responsables en cas de disparition d’objets sous leur garde.
La mère de Timurtaş, Türkan Timurtaş, a déclaré à l’agence Demirören (DHA) que son fils avait été « utilisé comme un pion » par d’autres.
Elle s’est interrogée sur la façon dont un homme d’entretien avait accès à la clé du coffre et a affirmé qu’il n’avait pas de problèmes financiers.
« Mon fils a commencé comme homme d’entretien », a-t-elle déclaré. « Que faisait cette clé entre ses mains ? Il n’est pas capable d’avoir agi seul. »
Elle a suggéré que des responsables de haut rang auraient pu le diriger et a indiqué que la famille n’avait appris son départ que lorsque la police s’est présentée à leur domicile.
Les salles des preuves des palais de justice fonctionnent comme des coffres-forts pour l’argent, les métaux précieux et les biens saisis. L’accès est censé être limité et les inventaires régulièrement vérifiés.
Ce vol à Istanbul a relancé les interrogations sur le système après des scandales précédents impliquant des drogues disparues, des bijoux échangés et des preuves non comptabilisées dans d’autres palais de justice turcs.
L’écart entre le vol présumé le 13 novembre et sa découverte le 1er décembre soulève des questions sur les contrôles.
Les enquêteurs tentent de déterminer où sont passés l’or et l’argent et si les métaux ont été vendus en Turquie avant le départ du suspect.
Le Royaume-Uni décidera s’il donne suite au mandat d’arrêt international et s’il examine une demande d’extradition.
Les autorités turques enquêtent également pour savoir si des personnes au sein du palais de justice ont aidé à coordonner ou facilité le vol.
Cette affaire constitue l’une des plus importantes disparitions connues de métaux précieux dans un palais de justice turc.




