Un homme condamné à 7 ans et demi de prison pour une aide financière présumée aux familles de détenus liés au mouvement Gülen
Un tribunal turc a condamné un homme à sept ans et demi de prison pour avoir aidé au transfert d’argent aux familles de personnes emprisonnées en raison de leurs liens présumés avec le mouvement Gülen, a rapporté samedi le site d’information Velev.
Le président Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué, ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche.
Qualifiant ces enquêtes de « putsch güleniste » et de complot contre son gouvernement, Erdoğan a commencé à prendre pour cible les membres du mouvement. Il l’a désigné comme une « Organisation terroriste » en mai 2016 et a intensifié la répression après une tentative de coup d’État avortée en juillet de la même année, qu’il a imputée à Gülen. Le mouvement dément fermement toute implication dans cette tentative ou dans des activités terroristes.
L’affaire a été jugée par le tribunal pénal de grande instance n°2 d’Adana, dans le sud de la Turquie, où les procureurs ont soutenu que l’accusé, identifié seulement par ses initiales Ö.T., avait reçu environ 62 000 livres turques (1 430 dollars) sur son compte bancaire de la part d’une personne signalée dans les registres officiels pour appartenance présumée au mouvement Gülen.
Les procureurs ont affirmé qu’Ö.T. avait ensuite transmis cet argent à des familles de personnes décrites comme membres du mouvement Gülen en prison, ainsi qu’à des personnes licenciées lors de la purge post-coup de 2016.
L’acte d’accusation citait également des déclarations de témoins selon lesquelles Ö.T. maintenait des contacts avec des personnes liées au mouvement et participait à des réunions, selon des détails partagés lors de l’audience.
Ö.T., qui n’a pas été placé en détention provisoire pendant la procédure, a nié les accusations dans sa défense, affirmant n’avoir aucun rôle organisationnel et ne pas avoir apporté de soutien financier.
Le tribunal l’a condamné mais n’a pas ordonné son arrestation.
L’aide aux familles traitée comme un soutien criminel
Ce jugement reflète une tendance générale de la répression turque post-2016, où les tribunaux ont poursuivi un large éventail d’actions considérées comme un soutien présumé au mouvement Gülen, y compris les dons et l’aide aux proches des détenus, comme l’ont souligné des avocats et défenseurs des droits dans des affaires précédentes.
Le gouvernement d’Erdoğan a engagé des poursuites contre des milliers de personnes accusées de liens avec le groupe.
Après la tentative de coup d’État, les autorités turques ont lancé des vagues d’arrestations et de licenciements dans la fonction publique, écartant enseignants, policiers, juges, militaires et fonctionnaires par décret-loi n°… Beaucoup ont été interdits de service public et privés de passeports, rendant difficile pour les familles de trouver du travail ou de se réinstaller.
Ces dernières années, les tribunaux turcs ont continué à condamner des accusés sur la base de transactions financières, d’historiques téléphoniques, de témoignages ou de participation présumée à des réunions privées. Les critiques dénoncent des accusations souvent vagues et une culpabilité par association.
Ce verdict intervient alors que la Turquie maintient la pression sur les personnes accusées de liens avec le mouvement Gülen, y compris celles ayant déjà purgé des peines de prison et celles toujours en procès sous contrôle judiciaire.
Les organisations de défense des droits soutiennent depuis longtemps que le soutien aux familles de prisonniers ne devrait pas être traité comme une activité terroriste, avertissant que ces poursuites criminalisent l’aide humanitaire et aggravent les difficultés sociales et financières des familles touchées par la purge post-coup de 2016.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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