Un ancien maire de l’AKP parmi 49 interpellés dans une enquête municipale dans le sud-est de la Turquie
La police turque a interpellé 49 personnes, dont un ancien maire du Parti de la justice et du développement (AKP), au pouvoir, dans le cadre d’une opération visant des irrégularités présumées dans les marchés publics de la province de Şanlıurfa, dans le sud-est du pays.
L’opération dans le district de Halfeti a été lancée suite à des soupçons de malversations dans les processus d’approvisionnement pendant plusieurs périodes administratives, y compris des années sous l’administration de trustees nommés par le gouvernement.
Parmi les interpellés figure l’ancien maire AKP Şeref Albayrak. Les suspects incluent des responsables et employés municipaux – adjoints au maire, membres du conseil municipal, chefs de département, ingénieurs et personnel technique.
Les perquisitions ont été menées par les unités anti-contrebande et de lutte contre le crime organisé de la police de Şanlıurfa, en coordination avec les procureurs de Birecik.
Dans un communiqué sur X, la Direction générale de la sécurité a indiqué que l’enquête portait sur des allégations de constitution d’une organisation criminelle et de truquage d’appels d’offres. Des poursuites judiciaires ont été engagées contre 51 suspects, dont 28 fonctionnaires, avec 49 personnes placées en garde à vue.
L’enquête s’appuie sur des rapports de l’inspection du ministère de l’Intérieur ainsi que sur des audits financiers et fiscaux. Les procédures judiciaires sont en cours, selon le communiqué.
Nommé trustee en 2016, Albayrak a été élu maire en 2019 comme candidat de l’AKP mais a perdu les élections de mars 2024 face au Parti démocratique des peuples (DEM Party), pro-kurde.
Un gouverneur de district a ensuite été nommé trustee.
L’interpellation d’un ancien maire AKP intervient dans un contexte de critiques sur ce que les observateurs décrivent comme un manque d’opérations similaires visant les municipalités dirigées par le parti au pouvoir, alors que le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), fait face à une répression continue depuis plus d’un an.
Le parti, avec plus de 20 maires actuellement en détention provisoire, subit une pression judiciaire croissante suite à ses gains électoraux dans les grandes villes lors des élections locales de 2024.
La cible la plus emblématique reste le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, principal rival politique du président Recep Tayyip Erdoğan, dont le procès pour corruption a commencé en mars après près d’un an de détention provisoire.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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