Tom Barrack, actuel ambassadeur des États-Unis en Turquie, a maintenu des liens avec Epstein pendant des années : rapport
Thomas Barrack, actuellement ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, a entretenu des contacts réguliers et étroits avec le délinquant sexuel condamné Jeffrey Epstein pendant des années après le plaidoyer de culpabilité de ce dernier en 2008, selon une analyse de CBS News des nouveaux documents du ministère de la Justice publiés vendredi.
L’analyse, basée sur plus de 100 SMS et échanges d’e-mails tirés des documents rendus publics dans le cadre des archives gouvernementales sur Epstein, place Barrack parmi un cercle de personnalités riches et influentes ayant maintenu des liens sociaux et professionnels avec Epstein malgré son casier judiciaire connu. CBS News précise qu’aucun élément ne prouve que Barrack ait participé ou eu connaissance d’éventuels actes criminels d’Epstein.
Barrack, 78 ans, est un milliardaire originaire de Californie et fondateur de Colony Capital, un fonds d’investissement immobilier. Proche de Donald Trump, il a présidé l’inauguration présidentielle de 2017 et conseillé sa campagne de 2016. Trump l’a nommé ambassadeur en Turquie en décembre 2024. Confirmé par le Sénat en avril 2025, il a présenté ses lettres de créance au président turc Recep Tayyip Erdoğan le 14 mai avant d’être nommé envoyé spécial pour la Syrie.
Ce double rôle lui offre un accès privilégié à Trump sur les relations américano-turques et la Syrie, où la Turquie joue un rôle militaire et politique majeur depuis la chute du régime de Bachar al-Assad.
Ce que révèlent les documents
En septembre 2009, quelques mois après la libération d’Epstein suite à son plaidoyer pour sollicitation de mineur, Barrack lui écrit : « Je pense à toi, j’espère que tu vas bien et que ta vie est redevenue calme. » Ce message marque le début d’une période de contacts réguliers entre les deux hommes, selon CBS News.
Les documents montrent Epstein facilitant des rencontres entre Barrack et des personnalités comme Peter Thiel (PDG de Palantir), l’ex-Premier ministre israélien Ehud Barak ou Vitaly Churkin, alors ambassadeur russe à l’ONU. L’agenda d’Epstein du 29 août 2016 mentionne un « Déjeuner avec Ehud Barak, Tom Barrack et Vitaly Churkin », quelques semaines après un discours de Barrack soutenant Trump.
En avril 2016, Epstein alerte Barrack sur un procès civil intenté par « Katie Johnson », accusant Epstein et Trump de viol en 1994. Epstein qualifie l’affaire de « folle mais vous devriez être au courant ». La plainte a été retirée. Trump nie toute implication.
Les documents mentionnent aussi une demande étrange d’Epstein : « Envoie des photos de toi avec un enfant. — Fais-moi sourire ». CBS News évoque un nouveau-né de Barrack, mais la référence reste floue.
Epstein pousse Barrack à utiliser des messageries cryptées comme Signal, dont les archives ne figurent pas dans les documents. Un échange d’août 2016 montre Barrack acceptant de télécharger Signal depuis la Turquie pour un dîner avec Woody Allen.
Le lendemain d’un déjeuner avec Barrack, Epstein achète pour 1 million de dollars d’actions de Colony Capital.
Après la victoire de Trump en 2016, un responsable saoudien demande à Epstein comment le roi Salman peut féliciter Trump. Epstein répond : « TOM barrack est votre interlocuteur. »
Ennuis judiciaires antérieurs
En 2021, Barrack a été accusé d’avoir agi comme agent non enregistré des Émirats arabes unis sous Trump, avant d’être acquitté en novembre 2022.
Les accusations concernaient son utilisation de sa proximité avec Trump pour servir les intérêts émiratis tout en sollicitant des investissements du Golfe. Les documents Epstein éclairent son réseau avec des dignitaires du Golfe, des diplomates russes et des politiques israéliens.
CBS News n’a obtenu aucune réponse de Barrack, Trump, Thiel, Barak ou de la femme d’affaires Nicole Junkermann. L’ambassade américaine à Ankara n’a pas commenté.
Epstein est mort en détention fédérale en août 2019, officiellement par suicide. Il faisait face à des accusations de traite sexuelle qu’il contestait.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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