Sondage : premier revirement positif dans l’approbation de la politique moyen-orientale de la Turquie depuis 2013
Le soutien public à la politique moyen-orientale du gouvernement turc dépasse les critiques pour la première fois depuis plus d’une décennie, selon un nouveau sondage, un revirement qui coïncide avec la position d’Ankara dans la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, rapporte le quotidien Karar.
L’enquête, réalisée par MetroPOLL Research entre le 11 et le 16 mars, révèle un changement notable dans la perception par les électeurs de la politique étrangère turque alors que les tensions régionales s’intensifient.
La guerre a commencé le 28 février lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes aériennes à grande échelle visant des sites militaires et gouvernementaux iraniens, poussant l’Iran à riposter par des attaques de missiles et de drones contre Israël ainsi que contre des cibles américaines au Moyen-Orient.
Plusieurs roquettes et missiles balistiques tirés depuis l’Iran vers le territoire de l’OTAN, y compris la Turquie, ont été interceptés par les systèmes de défense aérienne alliés, reflétant le risque d’une escalade régionale. Un cessez-le-feu a été annoncé mardi après des semaines de combats, bien que des incertitudes subsistent quant à sa durée.
Les personnes interrogées ont été invitées à évaluer la politique moyen-orientale du gouvernement. Au total, 48,1 % l’ont jugée réussie, contre 45,8 % qui l’ont qualifiée d’échec. Un autre 6,1 % n’a pas exprimé d’opinion ou a refusé de répondre.
Turkey’s Pulse March’26 Report is out.
This month, we focus on the implications of the US–Iran–Israel conflict for Turkey. The report tracks public sentiment across security, the economy, societal debates, and political developments.
For further information: info@metropoll.com.tr pic.twitter.com/RpSjRioi7S— MetroPOLL Araştırma (@metropoll) April 6, 2026
Ces résultats marquent la première fois depuis 2013 que les évaluations positives dépassent les opinions négatives, inversant une tendance de longue date de scepticisme public.
Depuis le début de la guerre, la Turquie a cherché à rester en dehors du conflit, appelant toutes les parties à cesser les hostilités. Les responsables turcs ont également averti qu’Ankara pourrait agir si son territoire était menacé après que plusieurs missiles lancés depuis l’Iran ont pénétré l’espace aérien turc et ont été interceptés par les systèmes de défense de l’OTAN. L’Iran, cependant, a nié avoir délibérément visé la Turquie.
Les données comparatives de MetroPOLL montrent que depuis décembre 2013, ceux qui jugeaient la politique infructueuse dépassaient systématiquement ceux qui la considéraient comme réussie. En décembre 2014, par exemple, 54,8 % la qualifiaient d’échec, contre 35,8 % qui la jugeaient réussie.
Ce revirement de l’opinion publique intervient également après des années de critiques sur les politiques moyen-orientales antérieures de la Turquie, notamment pendant la guerre civile syrienne.
Au début du conflit en 2011, le gouvernement turc soutenait les forces d’opposition et était largement perçu comme anticipant la chute rapide du régime du président syrien de l’époque, Bachar al-Assad.
Cependant, alors que la guerre s’éternisait, la Turquie a fait face à d’importants défis sécuritaires et politiques, notamment l’arrivée de millions de réfugiés, devenus une source majeure de critiques internes sur sa politique régionale.
Le sondage révèle également des clivages politiques marqués parmi les électeurs. Les partisans de l’alliance au pouvoir ont exprimé un fort soutien à l’approche gouvernementale : 82,9 % des électeurs du Parti de la justice et du développement (AKP) et 72,2 % de ceux du Parti d’action nationaliste (MHP) jugent la politique réussie.
À l’inverse, les électeurs de l’opposition ont majoritairement une vision négative. Parmi les partisans du Parti républicain du peuple (CHP), 77,6 % la considèrent comme un échec, ainsi que 78,6 % des électeurs du Parti pro-kurde DEM et 66,2 % de ceux du Parti İYİ (Bon).
Malgré ce clivage, la consolidation du soutien parmi les électeurs du bloc au pouvoir, ainsi que les revirements parmi les indécis ou les protestataires, semblent avoir fait basculer l’approbation globale en territoire positif.
L’enquête a été réalisée par entretiens téléphoniques assistés par ordinateur auprès de 1 186 personnes dans 28 provinces de Turquie.




