Sondage post-Erdoğan : son fils arrive en troisième position derrière des figures de l’AKP
Un récent sondage sur la succession à la tête du Parti de la justice et du développement (AKP) après le mandat du président Recep Tayyip Erdoğan place son fils cadet Necmettin Bilal Erdoğan en troisième position, derrière deux hauts responsables gouvernementaux, soulignant l’écart entre les rumeurs de succession et les préférences des électeurs.
L’enquête, réalisée la semaine dernière par le sondeur turc Refleks Data and Research, a interrogé 2 386 personnes sur qui devrait reprendre la direction de l’AKP après Erdoğan.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, ancien chef de l’Organisation nationale du renseignement (MİT), arrive en tête avec 33,4 %, suivi de près par le député AKP et ancien ministre de l’Intérieur Süleyman Soylu à 32,5 %. Bilal Erdoğan a recueilli 14,2 % des suffrages, tandis que Selçuk Bayraktar, président du groupe de défense Baykar et gendre du président Erdoğan, obtient 12,9 % et le président du Parlement Numan Kurtulmuş 7 %.
Recep Tayyip Erdoğan’dan sonra AK Parti Genel Başkanı olarak kimi görmek istersiniz?
Hakan Fidan: % 33,4
Süleyman Soylu: % 32,5
Bilal Erdoğan: % 14,2
Selçuk Bayraktar: % 12,9
Numan Kurtulmuş: % 7
Araştırma 2386 Kişi ile CATI yöntemiyle yapılmıştır. pic.twitter.com/r4m76ao1wn
— Refleks Veri & Araştırma (@T_Refleks) December 22, 2025
Les résultats montrent un écart frappant entre Bilal Erdoğan et les principaux prétendants, Fidan et Soylu, qui recueillent chacun plus du double du niveau de soutien accordé au fils du président.
Projecteurs sur le fils Erdoğan dans les débats sur la succession
Ces résultats interviennent alors que l’attention publique et médiatique sur Bilal Erdoğan s’intensifie, ce que les critiques interprètent comme une manœuvre pour préparer une succession familiale. Bien qu’il n’occupe aucun poste élu ni au gouvernement, Bilal Erdoğan, 44 ans, est devenu un sujet récurrent de débat politique.
Les observateurs notent un changement visible dans la couverture de ses apparitions publiques et déclarations, avec des titres, vidéos et commentaires plus fréquents le présentant comme un acteur politique plutôt que simplement comme le fils du président. Ses partisans y voient le résultat naturel de son engagement dans la société civile, tandis que ses détracteurs y décèlent une tentative de normaliser l’idée d’une continuité dynastique dans la politique turque.
Le profil public de Bilal Erdoğan mêle travail associatif, réseaux jeunesse-éducation et implication périodique dans des controverses rapportées à l’international depuis les enquêtes pour corruption de décembre 2013 qui ont secoué la Turquie.
Il a fait la une internationale en février 2014 lorsque des enregistrements diffusés en ligne semblaient montrer l’ex-Premier ministre Erdoğan ordonnant à son fils de retirer d’importantes sommes d’argent de son domicile, suggérant que l’homme fort de la Turquie tentait d’éviter que son fils ne soit pris avec des liquidités comme plusieurs ministres le 17 décembre 2013.
Ces enregistrements ont émergé après des perquisitions chez des proches d’Erdoğan dans le cadre d’une enquête pour corruption lancée par des procureurs d’Istanbul.
Le 25 décembre, l’un de ces procureurs ordonna l’arrestation de Bilal, ordre ignoré sans précédent par les forces de l’ordre sur instruction du ministre de l’Intérieur, en violation flagrante de la loi.
Les affaires ont été classées après la purge des policiers et procureurs impliqués, qualifiée par le gouvernement de complot pour renverser le pouvoir.
Dans le langage politique turc, cet épisode reste appelé « enquêtes des 17 et 25 décembre », en référence aux deux vagues de perquisitions.
L’ordre d’arrestation et les fuites ont associé le nom de Bilal à un récit de corruption impliquant l’entourage familial d’Erdoğan.
En 2015, Bilal Erdoğan a de nouveau défrayé la chronique lorsque la Russie a accusé la famille présidentielle de profiter du trafic de pétrole de l’EI. Il a nié ces allégations, et aucune poursuite n’a été engagée.
Un an plus tard, des procureurs italiens ont enquêté sur des soupçons de blanchiment liés à des transferts d’argent pendant ses études à Bologne. L’affaire a été abandonnée, Bilal Erdoğan niant toute malversation.
Plus récemment, Reuters rapportait en 2023 que des autorités suédoises et américaines examinaient des allégations de pots-de-vin vers des entités liées à Bilal Erdoğan. Il a démenti via son avocat, les autorités turques qualifiant le rapport de désinformation.
Bilal Erdoğan s’active dans des fondations et programmes jeunesse, évitant soigneusement la politique partisane.
Deux fondations associées à son image publique sont la Fondation turque pour la jeunesse (TÜGVA) et la Fondation turque pour la jeunesse et l’éducation (TÜRGEV).
Bilal Erdoğan n’a pas annoncé de candidature ni pris de rôle officiel à l’AKP.
Dans un entretien à l’agence russe TASS cette année, il a affirmé ne pas vouloir devenir président et privilégier le travail associatif.
Mais son nom reste central dans les débats sur l’après-Erdoğan et la résistance des institutions républicaines face aux logiques dynastiques sous l’emprise d’une famille.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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Hakan Fidan: % 33,4
Araştırma 2386 Kişi ile CATI yöntemiyle yapılmıştır. 


