L’ONU exhorte la Turquie à libérer les personnes « arbitrairement détenues » lors de la répression anti-LGBTQ
Les points importants
- Appel de l'ONU : Le Haut-Commissariat exige la libération immédiate des personnes « arbitrairement détenues » lors de la répression anti-LGBTQ en Turquie.
- Arrestations massives : Plus de 150 personnes LGBTIQ+ et défenseurs des droits humains auraient été arrêtés, avec des signalements de mauvais traitements en détention.
- Contexte politique : Le gouvernement turc justifie cette opération par la protection de la « famille », tandis que le président Erdoğan qualifie la communauté LGBTQ de mouvement « déviant ».
Le bureau des droits de l’homme des Nations unies a appelé jeudi la Turquie à libérer immédiatement les personnes qu’elle estime avoir été arbitrairement détenues lors d’une vaste opération de répression visant la communauté LGBTQ.
« Très préoccupé par les informations faisant état d’arrestations massives et de détention de plus de 150 personnes LGBTIQ+ et de défenseurs des droits humains, ainsi que par les signalements de mauvais traitements en détention, et par l’impact potentiel de cette situation sur l’espace civique », a déclaré le bureau dans un message publié sur X.
#Türkiye: Very concerned by reports of mass arrests & detention of over 150 LGBTIQ+ individuals and human rights defenders and reports of their ill treatment in detention, and the potential impact this development could have on civic space.@volker_turk urges Turkish authorities… pic.twitter.com/zhbgzkHspW
— UN Human Rights (@UNHumanRights) September 17, 2026
Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, « exhorte les autorités turques à respecter les droits humains de chacun sans discrimination, y compris sur la base de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, et à libérer immédiatement les personnes arbitrairement détenues », a ajouté le bureau.
La police turque a commencé à mener des perquisitions dans des organisations LGBTQ, des bars, des boîtes de nuit et des domiciles d’activistes dès dimanche.
Le ministre de la Justice, Akın Gürlek, a déclaré que l’opération impliquait des procédures judiciaires contre 162 personnes, neuf organisations et treize entreprises dans quinze provinces. Ce chiffre ne représentait pas le nombre de personnes détenues.
Selon le groupe Avocats pour la justice, 109 personnes ont été arrêtées lors des perquisitions. Le gouvernement n’a pas publié de chiffre national cohérent concernant les détentions.
Jeudi, les tribunaux de plusieurs provinces avaient déjà incarcéré au moins 82 personnes en détention provisoire dans l’attente de leur procès. Les affaires concernent des activistes LGBTQ et des membres d’organisations de défense des droits, ainsi que des personnes accusées de prostitution, d’infractions liées à la drogue et d’autres crimes. Toutes les personnes incarcérées ne sont pas accusées de militantisme LGBTQ.
Gürlek a défendu les perquisitions comme un effort visant à protéger « les enfants et l’institution de la famille ».
Le président Recep Tayyip Erdoğan a décrit à plusieurs reprises la communauté LGBTQ comme un mouvement « déviant » de « pervers » et l’a blâmée pour la baisse du taux de natalité en Turquie.
Le gouvernement a lié cette répression à son programme « Décennie de la famille », lancé en réponse à la baisse des taux de natalité et au vieillissement de la population.
Bien que les relations homosexuelles soient légales en Turquie, les personnes et les organisations LGBTQ sont confrontées à une pression gouvernementale croissante, notamment l’interdiction des événements de la fierté, des enquêtes sur les groupes de défense des droits et des restrictions sur les sites web et les comptes sur les réseaux sociaux.
© Agence France-Presse




