La Turquie place la Golden Global Bank, sanctionnée par les États-Unis, sous contrôle étatique
Les points importants
- Sanctions américaines : Le Trésor américain accuse la banque d’avoir facilité des transactions pour la Force Qods des Gardiens de la révolution iraniens.
- Mise sous tutelle : Le régulateur turc confie les droits de vote de 99,98 % des actions à un fonds public, sans transférer la propriété.
- Contestation : Golden Global Bank nie les allégations et annonce des poursuites judiciaires contre ce qu’elle appelle des accusations infondées.
Le régulateur bancaire turc a autorisé un fonds public à exercer la quasi-totalité des droits de vote dans Golden Global Bank, plaçant ainsi l’établissement sous contrôle de l’État, a rapporté mercredi le quotidien Nefes.
Cette intervention intervient moins de deux semaines après que le département du Trésor américain a imposé des sanctions à la banque basée à Istanbul et deux de ses filiales pour des allégations selon lesquelles elles auraient facilité des transactions d’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars pour la Force Qods des Gardiens de la révolution islamique d’Iran (IRGC-QF).
L’Autorité de régulation et de supervision bancaire (BDDK) a autorisé le Fonds d’assurance des dépôts d’épargne (TMSF) à exercer les droits attachés à une participation cumulée de 99,98 % dans la banque. Le droit de percevoir des dividendes a été exclu de la mesure.
La décision couvre les participations détenues par les trois principaux actionnaires de la banque : Emir Kaya, son actionnaire majoritaire avec 53,98 % ; Salih Berberoğlu, qui détient 32 % ; et Recep Kaba, qui détient 14 %.
La décision ne transfère pas la propriété des actions au TMSF. Les trois actionnaires conservent leurs droits aux dividendes, tandis que le fonds exercera les autres droits attachés à leurs actions.
La BDDK a indiqué que cette mesure avait été prise en vertu de l’article 18(5) de la loi bancaire turque.
Jeudi, le TMSF a annoncé avoir nommé de nouveaux membres au conseil d’administration de la banque pour exercer les droits de vote placés sous son contrôle.
Les sanctions américaines couvrent également Golden Global Portfolio Management et Golden Global Asset Leasing, deux filiales contrôlées par la banque.
Selon le Trésor américain, Golden Global a été créée pour permettre au réseau bancaire parallèle iranien de transférer les produits de la vente de pétrole en Chine vers la Turquie, où des bureaux de change pouvaient convertir les fonds en espèces et en or.
Le Trésor a également allégué que la banque avait sciemment fourni des services bancaires correspondants à des institutions financières iraniennes, permettant des transactions via des comptes contrôlés par l’IRGC-QF et ses mandataires.
Les sanctions ont placé les trois entités sur la liste des ressortissants spécialement désignés du Trésor, les coupant largement du système financier américain.
Reuters a rapporté lors de l’annonce des sanctions que Golden Global était la première banque d’un État membre de l’OTAN à être ciblée par la campagne américaine actuelle de sanctions contre l’Iran.
Golden Global a nié les allégations américaines, affirmant avoir respecté les exigences bancaires et de conformité nationales et internationales et qu’elle engagerait des poursuites judiciaires contre ce qu’elle a décrit comme des accusations infondées.
La banque a également déclaré que les personnes et entités nommées dans la décision de sanctions américaines n’étaient pas ses clients et qu’elle n’avait aucun lien direct ou indirect avec elles.
Reuters, citant la base de données bancaires TheBanks.EU, a décrit Golden Global comme la 35e plus grande banque de Turquie et a indiqué qu’elle détenait un actif total d’environ 25 milliards de livres turques (517 millions de dollars) en 2025.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




