L’indice Big Mac révèle une surévaluation de la monnaie turque et un coût de la vie approchant celui des États-Unis
Le coût de la vie en Turquie continue d’augmenter fortement, le dernier indice Big Mac révélant qu’un Big Mac de McDonald’s y coûte désormais 5,59 $ — soit seulement 42 cents de moins qu’aux États-Unis — malgré d’importantes différences de niveaux de revenus et de stabilité économique.
Selon l’édition de juillet 2025 de l’indice Big Mac, publié annuellement par l’hebdomadaire britannique The Economist, la livre turque est surévaluée de 26 % par rapport au dollar américain après ajustement pour la parité de pouvoir d’achat (PPA) basée sur le produit intérieur brut (PIB) par habitant. Cela place la Turquie parmi les 10 pays ayant les monnaies les plus surévaluées au monde, devant le Danemark, la Pologne et le Mexique.
Le prix d’un Big Mac en Turquie a presque triplé depuis 2022, où il était de 1,86 $. Le prix de 2025 (5,59 $) représente une augmentation de 200 % en termes de dollars, dépassant largement les chiffres officiels de l’inflation publiés par l’Institut turc des statistiques (TurkStat). Selon TurkStat, l’inflation sous-jacente a augmenté de 35,64 % sur un an, avec des hausses de 21,09 % pour l’alimentation et 50,34 % pour les services.
Bien que non officiel, l’indice Big Mac est largement utilisé par les économistes pour estimer les écarts des taux de change par rapport à leur valeur équitable. Il compare le prix d’un produit standardisé — le Big Mac — entre les pays, offrant une réflexion à la fois ludique et révélatrice sur les niveaux de prix et les déséquilibres monétaires.
Les données montrent comment le coût de la vie en Turquie (en dollars) se rapproche de celui des économies à haut revenu. Le prix américain d’un Big Mac est de 6,01 $, alors qu’il est moins élevé dans des pays aux revenus supérieurs à la Turquie : Mexique (5,28 $), Corée du Sud (3,98 $), Chine (3,55 $), Japon (3,23 $) et Vietnam (2,91 $).
Si les prix nominaux ont explosé, les salaires turcs n’ont pas suivi. Le pouvoir d’achat réel des consommateurs s’est dégradé, de nombreux ménages subissant des difficultés face à une inflation persistante, une volatilité de la livre et une stagnation des revenus.
La livre turque a perdu plus de 130 % de sa valeur face au dollar depuis mi-2022, passant d’environ 17,5 à plus de 40 livres pour un dollar en trois ans. Pourtant, selon l’indice Big Mac ajusté au PIB, la livre serait désormais surévaluée — signe que les prix dépassent ce que le niveau de revenu moyen du pays justifierait.
À l’inverse, des pays comme le Japon, la Corée du Sud ou la Chine, avec des prix Big Mac plus bas et un pouvoir d’achat plus élevé, affichent des monnaies sous-évaluées. Le yen japonais serait sous-évalué de 41,2 %, le dong vietnamien de 33 %.
Le classement élevé de la Turquie en 2025 reflète un décalage croissant entre les prix nominaux et les conditions de vie locales, alimentant les inquiétudes sur la gestion économique et la crédibilité des statistiques sous l’actuel gouvernement. Les critiques accusent depuis longtemps les autorités de sous-estimer l’inflation et de manipuler les données pour minimiser l’ampleur de la crise.
Créé en 1986 par The Economist, l’indice Big Mac est une mesure informelle d’évaluation des devises basée sur la théorie de la parité de pouvoir d’achat. Bien qu’imparfait, il sert de référence mondiale pour comparer le coût de la vie et les déséquilibres monétaires.




