Les démissions se poursuivent au sein du parti d’opposition Gelecek en Turquie, alimentant les rumeurs de ralliement à l’AKP
Une vague de démissions secoue le parti d’opposition turc Gelecek (Avenir), avec trois nouveaux députés ayant quitté ses rangs ces trois derniers jours, alors que circulent des spéculations sur un possible ralliement au Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir.
Cette série de départs réduit la représentation parlementaire du parti à seulement quatre sièges et accentue les interrogations sur son rôle futur dans le paysage politique turc. Le parti est dirigé par Ahmet Davutoğlu, ancien Premier ministre et figure majeure de l’AKP qui avait pris ses distances avec ce parti il y a plusieurs années.
Il avait fondé le parti rival Gelecek en décembre 2019.
Le député d’Istanbul Doğan Demir, dernier à partir, a annoncé sa démission sur X lundi, devenant ainsi le troisième élu à quitter le parti en trois jours. Son départ suit ceux de ses collègues Selim Temurci et İsa Mesih Şahin, qui ont tous deux dénoncé le décalage du parti avec les préoccupations citoyennes et son mode de direction centralisé.
« Un parti politique déconnecté des réalités du terrain ne peut prospérer », ont déclaré Temurci et Şahin dans un communiqué commun. « Une mentalité politique du ‘petit mais à moi’ ne produira pas le type de politique dont la Turquie a vraiment besoin. »
Dans sa publication sur X, Demir, l’un des cofondateurs du parti, a affirmé : « Il n’y a plus de base politique viable. Malgré près de deux ans d’alertes internes, nous n’avons pas réussi à construire une plateforme commune. »
Ces démissions ne laissent au parti Gelecek que quatre députés sur les 600 que compte le parlement : Selçuk Özdağ, Cemalettin Kani Torun, Sema Silkin Ün et Mustafa Bilici.
Le parti Gelecek avait pu entrer au parlement lors des législatives de 2023 grâce à une alliance électorale avec le CHP, principal parti d’opposition. Plusieurs de ses candidats, dont les députés démissionnaires, avaient été élus sur les listes du CHP dans une stratégie visant à concentrer les voix contre le président Erdoğan et son allié d’extrême-droite, le MHP.
Précédemment, trois autres membres du parti – Serap Yazıcı Özbudun, Mustafa Nedim Yamalı et Hasan Ekici – avaient également démissionné pour rejoindre l’AKP. Certains médias évoquent un scénario similaire pour Temurci et Şahin, bien qu’ils n’aient pas encore confirmé.
Avec ces dernières démissions, le nombre de députés indépendants au parlement turc s’élève désormais à 14, reflétant la fragmentation croissante de l’opposition après la réélection d’Erdoğan et la domination continue de son alliance au parlement.
Le déclin rapide du parti Gelecek illustre les difficultés rencontrées par les nouveaux partis ou scissions dans le paysage politique polarisé de la Turquie, particulièrement ceux dépendant d’alliances électorales pour leur représentation.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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