Le PKK exhorte la Turquie à surmonter les « obstacles » dans le processus de paix
Deux hauts responsables du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), interdit, ont exhorté les autorités turques à lever ce qu’ils ont décrit comme des « obstacles » à la progression des pourparlers de paix avec Ankara, un an après l’annonce de la dissolution du groupe.
Mustafa Karasu et Sözdar Avesta, s’exprimant en kurde et en turc devant la caméra depuis un lieu non identifié, ont appelé le gouvernement à « prendre les mesures législatives nécessaires pour garantir une progression fluide », dans des propos publiés par l’agence de presse pro-PKK Fırat.
Les déclarations récentes des responsables turcs affirmant que le processus avance sans entraves « ne reflètent pas la situation actuelle », ont-ils soutenu.
Selon eux, le PKK a « rempli sa part au-delà des attentes ».
L’année dernière, le PKK a officiellement renoncé à son conflit armé contre l’État turc après quatre décennies de violences ayant fait plus de 40 000 morts des deux côtés.
Les deux dirigeants du PKK ont également évoqué le sort du fondateur emprisonné du PKK, Abdullah Öcalan, qui a mené des efforts pour mettre fin au conflit depuis sa cellule de l’île d’İmralı où il est détenu depuis 1999.
« Nous ne pourrons parler de progrès que lorsque le statut du leader Apo [Abdullah Öcalan] sera déterminé et qu’il bénéficiera de conditions lui permettant de travailler librement », ont-ils déclaré.
Ils ont demandé que ce septuagénaire se voie accorder un « statut juridique et politique clairement établi » lui permettant de participer « pleinement » aux négociations avec l’État turc.
Le principal allié du président Recep Tayyip Erdoğan, Devlet Bahçeli, du parti d’extrême droite Mouvement nationaliste (MHP), a également appelé mardi à des « discussions » sur le sort d’Öcalan.
« Le processus ne peut pas avancer sainement » sans que le leader du PKK n’ait un « rôle défini », a-t-il déclaré lors d’une allocution devant ses membres du parti au parlement.
Ankara affirme que la décision du PKK doit être vérifiée avant toute mesure juridique et politique plus large. Le Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM), pro-kurde, qui a participé à faciliter les discussions avec Öcalan, estime que le gouvernement retarde les réformes malgré l’ouverture créée par l’appel d’Öcalan et l’annonce du PKK.
Une commission parlementaire dirigée par le président du Parlement Numan Kurtulmuş a approuvé en février un rapport établissant une feuille de route pour les réformes juridiques liées au processus.
Le président Recep Tayyip Erdoğan a récemment déclaré que l’approbation du rapport avait conduit le processus à une étape plus sensible et que le soutien des partis politiques aiderait la Turquie à traverser la phase suivante « sans accident ni problème ».
Agence France-Presse avec des reportages de Turkish Minute
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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