Le parti pro-kurde affirme vouloir poursuivre l’initiative de paix après sa rencontre avec Erdoğan
Les membres du principal parti pro-kurde de Turquie ont déclaré, après leur rencontre avec le président Recep Tayyip Erdoğan mercredi, que les deux parties ont réaffirmé leur volonté commune de faire avancer une nouvelle initiative de paix et ont exhorté le parlement turc, les ministères et les institutions publiques à accélérer les mesures « concrètes » liées aux efforts de paix.
Erdoğan a rencontré les représentants du Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM), habilités à rendre visite à Abdullah Öcalan, le leader emprisonné du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Öcalan est détenu depuis 1999 dans une prison sur l’île d’İmralı, en mer de Marmara.
La Turquie et ses alliés occidentaux désignent le PKK comme une « organisation terroriste ».
L’actuelle initiative de paix a débuté après qu’Öcalan a lancé un appel le 27 février 2025, exhortant le PKK à déposer les armes et à se dissoudre, un message rendu public par les politiciens du DEM après leur visite sur l’île.
La délégation du DEM, composée de la députée Pervin Buldan et de l’ancien député Mithat Sancar, a déclaré avoir discuté des développements régionaux et de leur impact potentiel sur ce que le gouvernement appelle l’initiative « Turquie sans terrorisme », tandis que le DEM la décrit comme un « processus de société démocratique », une appellation visant à mettre l’accent sur les réformes juridiques et politiques parallèlement à la fin des violences.
Cette rencontre intervient alors que la Commission de la solidarité nationale, de la fraternité et de la démocratie du parlement turc s’apprête à finaliser un rapport devant esquisser les prochaines étapes. Le président du parlement, Numan Kurtulmuş, a indiqué qu’un projet de texte préparé par un groupe de travail de cinq membres représentant les partis de la commission avait été distribué pour examen, et que la commission visait à terminer ses travaux dans les prochains jours.
Le rapport devrait éviter toute mention explicite du « droit à l’espérance », un terme utilisé dans les débats européens sur les droits de l’homme concernant la possibilité réaliste de libération pour les condamnés à perpétuité après une longue période, pour se référer plus largement à la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme et aux principes juridiques universels.
Le DEM insiste depuis longtemps sur des mesures juridiques intégrant le droit à l’espérance dans la loi turque, afin de préparer la libération d’Öcalan, condamné à perpétuité et emprisonné depuis 27 ans.
Erdoğan présente ces discussions comme une nouvelle phase visant à mettre fin au conflit entre le PKK et l’État, qui dure depuis des décennies et a fait des dizaines de milliers de victimes. Cependant, des critiques et des organisations de défense des droits s’interrogent sur la volonté d’Ankara d’accompagner tout désarmement de réformes sur les droits, les garanties juridiques et l’espace politique pour la cause kurde.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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