Le Parlement turc enquête sur des allégations d’abus sexuels impliquant des stagiaires lycéens dans sa cafétéria
Le Parlement turc a ouvert une enquête interne suite à des allégations d’abus sexuels sur des stagiaires lycéens travaillant dans sa cafétéria, après une plainte déposée par un parent.
Le secrétariat général du parlement a indiqué qu’un employé de la cafétéria travaillant comme cuisinier avait été licencié et qu’une enquête interne était en cours, avec des résultats attendus pour le 12 décembre.
Le communiqué précise que les conclusions seront transmises aux autorités judiciaires, tandis que des médias turcs rapportent que certains parents ont déjà porté plainte auprès du parquet.
Selon des médias comme BirGün et T24, le personnel de la cafétéria ciblait des stagiaires féminines depuis plusieurs années, parlant d’elles en disant « celle-ci est à moi, celle-là est à toi », les contactant sur les réseaux sociaux et WhatsApp en utilisant des surnoms comme « petite amoureuse ».
Les stagiaires sont des élèves de lycées professionnels et techniques qui travaillent dans l’enceinte parlementaire dans le cadre de programmes de formation en milieu professionnel, plaçant des adolescents dans des institutions publiques et entreprises privées.
L’affaire a éclaté après qu’une jeune fille a raconté à sa famille les messages et comportements d’un employé de la cafétéria, conduisant la famille à déposer une plainte écrite au secrétariat général le 19 novembre.
Les responsables affirment avoir ouvert une enquête administrative le 20 novembre et commencé à auditionner l’élève, sa famille et le personnel de la cafétéria dans le cadre de l’enquête interne.
Le secrétariat général a précisé que le cuisinier avait été suspendu le 4 décembre, et que d’autres employés pourraient être exclus de la fonction publique ou licenciés si l’enquête confirme les allégations.
BirGün et T24 citent des sources affirmant que des dizaines de stagiaires féminines auraient subi du harcèlement ou des abus dans la cafétéria depuis plusieurs années, mais que le parlement n’a pour l’instant confirmé qu’une seule plainte officielle et une suspension.
Selon la loi turque, les abus sexuels sur mineurs sont passibles de peines de prison à partir de huit ans, et les fonctionnaires qui abusent d’élèves dans des institutions risquent des peines plus lourdes.
Cette affaire survient alors que les programmes de formation professionnelle en Turquie font l’objet de critiques de la part d’organisations de défense des droits, qui estiment qu’ils exposent les adolescents au travail précaire, aux accidents et aux abus.
Les barreaux et les défenseurs des droits de l’enfant demandent des contrôles renforcés sur les lieux d’accueil des stagiaires et des canaux de plainte indépendants des employeurs directs.
En 2018, le parlement avait confirmé qu’un employé masculin avait harcelé une stagiaire féminine de 16 ans dans le bâtiment principal, précisant que l’employé avait été radié de la fonction publique après une enquête interne.




