Le Pakistan promet de défendre l’Arabie saoudite, tandis que la Turquie offre un soutien diplomatique
Les points importants
- Soutien militaire pakistanais : Le Pakistan promet une défense « physique » de l'Arabie saoudite face aux Houthis, invoquant la protection des lieux saints de l'islam.
- Prudence turque : Ankara condamne les attaques mais limite sa réponse à un appui diplomatique, sans activer l'accord de défense trilatéral signé en août.
- Accord en attente : Le Pacte de défense conjointe de La Mecque, liant Ryad, Ankara et Islamabad, n'est pas encore opérationnel ; sa ratification par le Parlement turc est attendue en octobre.
Le Pakistan a promis un soutien militaire à l’Arabie saoudite face à l’escalade des attaques houthies, tandis que la Turquie s’est pour l’instant contentée d’un appui diplomatique, en attendant la pleine mise en œuvre d’un accord de défense trilatéral entre les trois pays.
Le porte-parole militaire pakistanais, Ahmed Sharif Chaudhry, a déclaré que son pays se tiendrait aux côtés de l’Arabie saoudite « tant sur le plan diplomatique que physique ».
« Nous irons jusqu’au bout pour la sécurité des (deux saintes mosquées) et du royaume d’Arabie saoudite », a déclaré Chaudhry à Arab News jeudi, en référence aux lieux saints de l’islam à La Mecque et Médine.
Ses propos font suite à l’affirmation de l’Arabie saoudite selon laquelle elle aurait intercepté un drone houthi se dirigeant vers La Mecque mardi soir. Les Houthis ont nié avoir visé la ville et qualifié l’allégation saoudienne de fausse.
La Turquie a condamné la prétendue attaque mercredi et exprimé son soutien à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à la sécurité de l’Arabie saoudite.
« Nous condamnons fermement l’attaque de drone menée par les Houthis visant la ville sainte de La Mecque », a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères.
Ankara a également appelé à un arrêt immédiat des attaques menaçant la stabilité régionale et exhorté à la retenue pour éviter une nouvelle escalade des tensions.
Elle n’a annoncé aucune assistance militaire ni invoqué l’accord de défense trilatéral.
L’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan ont signé l’Accord de défense conjointe de La Mecque le 7 août. Ce pacte considère une attaque armée contre un membre comme une attaque contre les trois.
Cependant, l’Arabie saoudite n’a pas officiellement demandé l’assistance de la Turquie ou du Pakistan dans le cadre de cet accord, ont déclaré à l’Associated Press des responsables des deux pays.
Un responsable turc a indiqué que les trois pays devaient encore achever les travaux d’institutionnalisation de l’alliance avant qu’elle ne devienne opérationnelle.
Un haut responsable turc avait auparavant déclaré que les engagements de défense du pacte n’étaient pas encore juridiquement en vigueur en Turquie et que l’accord pourrait être soumis au Parlement pour approbation en octobre.
Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense ainsi que les chefs d’état-major des trois pays se sont réunis à Istanbul le 31 août pour la première réunion du Comité stratégique politique et de défense de l’accord.
Ils ont convenu de créer un secrétariat en Arabie saoudite et de prendre de nouvelles mesures pour institutionnaliser le pacte. Le secrétariat sera initialement dirigé par un responsable pakistanais pour un mandat de trois ans.
Les Houthis ont intensifié ces dernières semaines leurs attaques de missiles et de drones contre le territoire saoudien, tandis que les forces saoudiennes ont mené des centaines de frappes au Yémen.
Ces nouveaux combats font suite aux avancées des Houthis le long de la côte yéménite de la mer Rouge et autour du détroit de Bab al-Mandab, une voie vitale pour le commerce international et les exportations pétrolières saoudiennes.
Agence France-Presse, avec des reportages de Turkish Minute




