La Turquie propose un accord en mer Noire pour protéger la navigation civile
Les points importants
- Proposition turque : Un mémorandum soumis à Moscou et Kiev pour protéger les navires civils.
- Escalade des attaques : Hausse des frappes, notamment par drones, touchant des navires turcs.
- Corridors sûrs : Des routes alternatives longeant les côtes roumaines, géorgiennes et turques proposées.
La Turquie a soumis une proposition à la Russie et à l’Ukraine visant à mettre fin aux attaques contre les navires civils en mer Noire, a indiqué jeudi un diplomate turc à l’Agence France-Presse.
Cette initiative fait suite à une augmentation marquée des attaques contre la navigation commerciale dans la région, dont beaucoup impliquent des drones. Au moins 25 navires appartenant à des Turcs, dont quatre battant pavillon turc, ont été touchés depuis fin juin, selon des chiffres du secteur.
« Nous avons transmis le texte d’un mémorandum, un projet de texte, aux Russes et aux Ukrainiens pour trouver une solution à ces frappes en mer Noire », a déclaré le diplomate.
La Turquie presse la Russie et l’Ukraine de cesser les attaques contre les navires civils en mer Noire. Le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan a appelé le 8 août à un « moratoire » sur ces frappes, mais aucun accord n’a suivi.
La Turquie, membre de l’OTAN, a maintenu des relations avec Kiev et Moscou depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022 et a refusé de se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie. Les navires appartenant à des Turcs et opérés par eux sont actifs en mer Noire, bien que beaucoup naviguent sous d’autres pavillons.
En août, le ministère turc des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur d’Ukraine après une attaque contre le porte-conteneurs turc Lider Bordo Mavi au large des côtes russes de la mer Noire et une attaque subséquente contre le Lider Kocatepe, qui avait été envoyé pour remorquer le navire endommagé.
Le Lider Bordo Mavi, plus tard ancré dans le port turc de Trabzon, au nord-est, semblait avoir subi d’importants dégâts de feu à sa passerelle et aux deux ponts en dessous, selon des correspondants de l’AFP.
La Turquie a évoqué à plusieurs reprises la possibilité de relancer l’initiative céréalière en mer Noire pour protéger la navigation civile. Le président Recep Tayyip Erdoğan a déclaré qu’il prévoyait de discuter de cette question avec le président russe Vladimir Poutine en novembre.
Le diplomate turc a indiqué que la nouvelle proposition s’inspirait de l’initiative céréalière de la mer Noire négociée par la Turquie et les Nations unies en 2022. Cet accord permettait l’exportation de céréales ukrainiennes via la mer Noire jusqu’à ce que la Russie s’en retire un an plus tard.
L’Ukraine a ensuite établi une route maritime alternative près des côtes roumaines et bulgares.
« Dans cet accord, il y a peut-être un écart de quatre ou cinq milles où le navire ukrainien doit quitter les eaux territoriales nationales et naviguer dans les eaux internationales, ce qui est la partie risquée », a expliqué le diplomate.
« Notre offre s’en inspire également. »
En plus d’une route le long des côtes roumaines et bulgares, le diplomate a suggéré une autre route le long des côtes orientales et méridionales de la mer Noire, à travers les eaux territoriales de la Géorgie et de la Turquie.
« Nous voulons utiliser les eaux territoriales des États voisins, y compris la Turquie — et la Géorgie, s’ils sont prêts à participer », a déclaré le diplomate.
© Agence France-Presse




