Le maire d’Istanbul comparaîtra le 9 mars dans une affaire qui l’a conduit en prison
Un tribunal d’Istanbul a fixé au 9 mars 2026 la première audience d’une vaste affaire accusant le maire incarcéré d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, de « direction d’une organisation criminelle ».
L’acte d’accusation cite 407 prévenus, dont İmamoğlu, des responsables municipaux, des entrepreneurs et des hommes d’affaires liés à la métropole stambouliote. Le tribunal a validé l’acte d’accusation le 25 novembre.
İmamoğlu, candidat à la présidentielle de 2028 pour le Parti républicain du peuple (CHP, opposition), a été arrêté le 19 mars 2025 puis placé en détention provisoire le 23 mars dans le cadre de ce que les autorités présentent comme une enquête pour corruption visant la municipalité. Suspendu de ses fonctions, un maire par intérim a été désigné par le conseil municipal.
Le parquet réclame jusqu’à 2 430 ans de prison contre İmamoğlu, selon le cumul des charges. Les accusations incluent la formation et direction d’une organisation criminelle, corruption, fraude au préjudice des institutions publiques, blanchiment d’argent et trucage d’appels d’offres, ainsi que des chefs liés aux données personnelles, dissimulation de preuves et détérioration de biens publics.
Le procès se tiendra à Silivri, banlieue ouest d’Istanbul où se trouvent le complexe pénitentiaire de Marmara et une salle d’audience dédiée aux procès à haute visibilité.
L’acte d’accusation, résumé par des comptes-rendus judiciaires, fait environ 3 900 pages et décrit İmamoğlu comme le « fondateur et dirigeant » d’une prétendue structure criminelle. Il détaille des dizaines d’actes supposés liés à des contrats municipaux et à des pots-de-vin, notamment des cas répétés de trucage d’appels d’offres.
Le parquet affirme que ce système aurait causé des pertes publiques de milliards de livres. İmamoğlu rejette ces accusations, et le CHP dénonce un procès politique.
İmamoğlu est perçu comme l’un des principaux rivaux du président Recep Tayyip Erdoğan, ayant gagné en stature nationale après sa victoire aux municipales de 2019 à Istanbul.
Le CHP demande la retransmission en direct des audiences sur la chaîne publique TRT, arguant que le public doit voir les preuves. Erdoğan et le leader du Parti d’action nationaliste (MHP) Devlet Bahçeli ont soutenu cette idée, mais le parlement turc a rejeté une proposition législative du CHP pour autoriser ces diffusions.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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