Le maire de la quatrième plus grande ville de Turquie arrêté dans le cadre de la répression continue contre la principale opposition
Un tribunal a ordonné samedi l’arrestation du maire de Bursa, la quatrième plus grande ville de Turquie, quelques jours après son interpellation avec des dizaines d’autres personnes dans le cadre d’une enquête pour corruption que la principale opposition qualifie de répression gouvernementale contre ses municipalités.
Le maire Mustafa Bozbey, membre du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, avait été placé en garde à vue le 31 mars dans le cadre d’une enquête menée par le procureur général de Bursa. Les procureurs l’accusent de crimes incluant corruption, blanchiment d’argent, formation et direction d’une organisation criminelle, ainsi que d’abus liés aux permis de zonage et de construction dans le district de Nilüfer à Bursa.
Les médias turcs ont rapporté samedi que Bozbey avait été incarcéré après un long interrogatoire, tandis que certains membres de sa famille, dont son épouse et sa fille, figuraient parmi les personnes interpellées avant d’être libérées sous contrôle judiciaire.
Le parquet avait indiqué plus tôt que l’opération ciblait 59 suspects dans plusieurs provinces, avec 55 interpellations lors de raids coordonnés. L’agence de presse publique Anadolu a rapporté vendredi que 57 suspects, dont Bozbey, avaient été déférés devant la justice après l’achèvement de leur interrogatoire.
L’enquête se concentre sur des irrégularités présumées dans des projets de construction et des allégations selon lesquelles des droits de construction accrus auraient été accordés en échange de pots-de-vin, permettant aux promoteurs d’engranger des profits illicites. L’ancien maire de Nilüfer, Turgay Erdem, avait déjà été incarcéré en octobre 2025 dans une affaire connexe.
Le CHP affirme que cette affaire s’inscrit dans une campagne de pression plus large contre les municipalités tenues par l’opposition suite aux bons résultats du parti aux élections locales de mars 2024, lorsqu’il a remporté plusieurs des plus grandes villes de Turquie et infligé un revers majeur au Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan. Les critiques pointent une série d’affaires visant des maires du CHP, dont le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, comme preuve d’une répression plus large contre les élus de l’opposition.
Une déclaration du syndicat des travailleurs municipaux Tüm Bel Sen cette semaine a indiqué que 85 municipalités ont changé de mains depuis les élections locales de mars 2024, via des nominations de trustees, des destitutions, des arrestations et des changements de contrôle au sein des conseils municipaux, affectant 8,8 millions de votes, soit 20,5 % de l’ensemble des bulletins exprimés à l’échelle nationale.




