L’accord de libre-échange Turquie-Qatar entre en vigueur pour renforcer les liens économiques
Un accord global de partenariat économique et commercial (TEOA) entre la Turquie et le Qatar est entré en vigueur aujourd’hui, marquant un nouveau chapitre dans la coopération économique entre les deux pays, selon un communiqué du ministère turc du Commerce.
Signé initialement en 2018, cet accord vise à éliminer les droits de douane, réduire les barrières non tarifaires et approfondir les échanges bilatéraux. Les responsables turcs espèrent que ce pacte permettra de porter le volume commercial à 5 milliards de dollars à moyen terme.
Selon les données de l’Institut statistique turc (TurkStat), les échanges entre la Turquie et le Qatar s’élevaient à 1,1 milliard de dollars en 2024, en baisse par rapport au record de 2,2 milliards en 2022. Malgré ce recul, la Turquie a maintenu un excédent commercial de 328 millions de dollars l’an dernier. Les autorités attribuent cette baisse aux turbulences économiques mondiales, notamment les perturbations post-pandémiques des chaînes d’approvisionnement et la faiblesse de la demande internationale.
Portée de l’accord
Le TEOA supprime les droits de douane mutuels sur une part significative des marchandises et introduit des mesures pour faciliter les échanges, incluant des règles sur les normes techniques, les mesures antidumping et des cadres pour les services et le commerce électronique.
Selon le ministère, l’accord améliore l’accès au marché pour les exportations turques dans des secteurs comme l’automobile, les matériaux de construction, l’électroménager, le textile, la chaussure, les machines et la bijouterie. Pour l’agriculture, il facilite l’exportation d’œufs, de produits laitiers, de fruits de mer, de produits frais, de noix et d’aliments transformés.
En contrepartie, la Turquie autorisera l’accès sans droits de douane à certains produits qataris, notamment les dattes, le lin, le tabac et la pierre ponce.
Dans le secteur des services, l’accord inclut des dispositions pour les services financiers et les télécommunications, et pose les bases d’une future collaboration dans les services juridiques, la publicité, la distribution, l’éducation, le tourisme et les transports.
Importance stratégique et régionale
Le réseau commercial turc comprend une union douanière avec l’UE, des accords de libre-échange avec 23 pays et des accords commerciaux préférentiels avec six autres. Le TEOA ajoute un partenaire clé du Golfe à ce réseau en expansion.
Il introduit également des dispositions modernes sur le commerce électronique, couvrant la protection des consommateurs en ligne, la confidentialité des données numériques et la promotion du commerce sans papier.
Le GNL et les liens énergétiques restent à part
Bien que le TEOA n’inclue pas les produits énergétiques comme le gaz naturel liquéfié (GNL), le Qatar reste un partenaire stratégique dans l’agenda plus large de diversification énergétique de la Turquie. Un mémorandum d’entente de 2015 entre BOTAŞ, la société publique turque de pipelines pétroliers et gaziers, et QatarEnergy, la compagnie énergétique publique qatarie, pour des approvisionnements à long terme en GNL n’a pas donné lieu à des livraisons à grande échelle.
Les données montrent que le rôle du Qatar dans les importations turques de GNL a décliné. Au premier semestre 2021, la Turquie n’a importé aucun GNL qatari, se tournant vers l’Algérie, les États-Unis et le Nigeria. En 2023, le GNL représentait environ 32% de la consommation turque de gaz naturel, avec une contribution minime du Qatar.
Bien que l’énergie ne fasse pas partie du nouvel accord commercial, les analystes estiment que des liens économiques bilatéraux plus forts pourraient poser les bases d’une future coopération dans le secteur énergétique.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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