La Turquie va réexaminer les affaires non résolues qui ont suscité l’indignation publique, selon le ministre de la Justice
Le ministre turc de la Justice a déclaré mardi que les autorités réexaminent des dossiers précédemment classés, en donnant la priorité aux affaires non résolues ayant provoqué l’indignation publique.
Le ministre Akın Gürlek a indiqué qu’une unité spéciale du ministère examine les dossiers ayant abouti à des décisions de non-lieu, y compris les crimes non élucidés. Il a précisé que cette unité vérifiera si les enquêtes ont été entachées par des manquements procéduraux ou des preuves négligées.
Gürlek s’exprimait à l’issue d’une réunion du cabinet présidentiel à Ankara.
Il a souligné que les affaires ayant attiré une attention publique importante sont prioritaires et que des fonctionnaires expérimentés réévalueront ces dossiers.
Cette annonce a relancé le débat sur le fait que les affaires en Turquie ne feraient l’objet d’un examen sérieux qu’après des pressions publiques.
Gürlek a également évoqué le cas de Gülistan Doku, une étudiante disparue dans la province orientale de Tunceli en janvier 2020. Il a affirmé que l’enquête se poursuit et que les autorités tentent de localiser ses restes.
Cette affaire n’a toujours pas été résolue.
Des cas récents ont accru les préoccupations sur la gestion des enquêtes criminelles en Turquie et l’influence des médias sur l’opinion publique avant les verdicts judiciaires.
Un documentaire YouTube publié le 11 avril par le média numérique turc 140journos analyse l’enquête et le procès concernant le meurtre d’une jeune fille nommée Narin. Intitulé « Şeytantepe », ce film examine les incohérences présumées dans l’affaire, les témoignages contradictoires et le rôle des récits médiatiques.
Diffusé il y a dix jours, ce documentaire a été visionné 1,6 million de fois sur YouTube.
Il explore également comment les réactions publiques et les réseaux sociaux ont influencé la perception des suspects avant la fin du procès.
Le film inclut des interviews de journalistes, d’experts juridiques et de proches de la victime.
En décembre, un tribunal de la province du sud-est de Diyarbakır a condamné trois membres de la famille à la prison à perpétuité pour le meurtre de Narin Güran, 8 ans, dont le corps avait été retrouvé dans une rivière près de son village après 19 jours de disparition.
Mais le tribunal n’a pas établi de motif clair ni déterminé lequel des accusés avait commis le meurtre, suscitant des critiques d’experts juridiques et du public.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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