La Turquie signe des accords de GNL avec des entreprises allemandes et italiennes avant l’expiration des contrats russes
La société publique d’oléoducs turque BOTAŞ a signé mercredi des accords à long terme d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié avec l’entreprise énergétique allemande SEFE et l’italien ENI, alors qu’Ankara cherche à diversifier ses sources de gaz avant l’expiration clé des contrats russes en 2025.
Les accords ont été signés lors du World LNG Summit à Istanbul par le directeur général de BOTAŞ Abdulvahit Fidan, le vice-président de SEFE Jean Manuel Conil-Lacoste et le directeur du portefeuille mondial de gaz naturel et GNL d’ENI Cristian Signoretto.
Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles Alparslan Bayraktar a déclaré que la Turquie avait sécurisé des accords d’approvisionnement en GNL à long terme totalisant 106 milliards de mètres cubes en 2025 et que les contrats signés depuis septembre 2024 portaient le total à plus de 155 milliards de mètres cubes. Il a décrit ces nouveaux accords comme faisant partie d’un effort plus large pour sécuriser des approvisionnements à des prix plus compétitifs que le gaz par pipeline.
LNG gazlaştırma kapasitemizi çok kısa bir sürede yaklaşık 5 kat artırarak 161 milyon metreküpe ulaştırdık.
⁰Uzun dönemli LNG anlaşmaları ile tedarik kanallarımızı çeşitlendiriyor ve arz güvenliğimizi güçlendiriyoruz. ⁰ ⁰Millî şirketimiz BOTAŞ bugün bu anlaşmalara yenilerini… pic.twitter.com/SKvpp2J0ZM— Alparslan Bayraktar (@aBayraktar1) December 3, 2025
Selon les accords, SEFE fournira à la Turquie 6 milliards de mètres cubes de GNL sur 10 saisons hivernales à partir de 2028. ENI livrera 5 milliards de mètres cubes sur 10 ans à partir de la même année. ENI a confirmé séparément que son contrat avec BOTAŞ entrerait en vigueur en 2028 dans le cadre de son expansion mondiale du GNL.
La Russie reste le principal fournisseur de la Turquie, couvrant moins de 40 % de ses besoins en gaz en 2025, contre plus de 50 % en 2018. La Turquie importe 22 milliards de mètres cubes par an dans le cadre des contrats Gazprom dont les termes initiaux expirent le 31 décembre 2025.
Selon Reuters, BOTAŞ et Gazprom ont déjà convenu d’une prolongation d’un an pour 2026 couvrant à peu près le même volume, ce que les responsables ont décrit comme un arrangement temporaire.
Le gaz russe par pipeline est généralement estimé être 30 à 50 % moins cher que le GNL, bien que l’écart dépende des prix mondiaux et des termes des contrats. Le GNL engendre également des coûts supplémentaires pour la liquéfaction, le transport et la regazéification. La Turquie a consommé environ 50 milliards de mètres cubes de gaz naturel en 2024, et les analystes estiment qu’un transfert important de cette demande du gaz russe par pipeline vers le GNL pourrait augmenter la facture énergétique annuelle de la Turquie de 5 à 10 milliards de dollars, selon les conditions du marché. Ces chiffres sont des estimations économiques, pas des prévisions précises.
Cette diversification intervient alors que les États-Unis et l’Union européenne intensifient la pression sur Ankara pour réduire sa coopération énergétique avec Moscou. Des médias américains rapportent que des responsables américains ont exhorté la Turquie à réduire ses importations, et les États-Unis ont sanctionné Gazprombank, le principal canal pour les paiements gaziers de la Turquie. Bayraktar a déclaré que la Turquie ne pouvait pas cesser brutalement ses importations russes, expliquant en octobre aux journalistes que le pays avait des contrats contraignants et besoin d’un approvisionnement suffisant pour la saison hivernale.
La Turquie se positionne également comme un hub gazier régional pour l’Europe du Sud-Est et l’Ukraine. Bayraktar a déclaré à Middle East Eye que la Turquie vise une capacité d’exportation maximale d’environ 10 milliards de mètres cubes. Il a indiqué que la connexion avec la Bulgarie, qui transporte 3,5 milliards de mètres cubes, constitue un goulot d’étranglement et que son doublement faciliterait les flux vers l’Europe.
La Turquie dispose d’une capacité de regazéification de 32 milliards de mètres cubes par an, avec une capacité excédentaire estimée entre 10 et 15 milliards de mètres cubes en 2026. Ankara prévoit d’ajouter deux unités flottantes de stockage et de regazéification à sa flotte actuelle de trois.
Bayraktar a déclaré que la Turquie explorait des investissements en amont dans le gaz aux États-Unis et a eu des discussions avec Chevron et Exxon. Il a indiqué que la Turquie s’attend à recevoir environ 1 500 cargaisons de GNL des États-Unis au cours des 10 à 15 prochaines années dans le cadre des accords existants.
BOTAŞ a également élargi son portefeuille d’approvisionnement en GNL ces dernières années. Un accord de 20 ans avec Mercuria annoncé en septembre fournira environ 4 milliards de mètres cubes par an à partir de 2026, pour un total d’environ 70 milliards de mètres cubes. Un accord préliminaire avec Woodside Energy d’Australie porte sur 5,8 milliards de mètres cubes sur neuf ans à partir de 2030. Un accord de 10 ans avec TotalEnergies fournira 1,6 milliard de mètres cubes par an à partir de 2027.
SEFE, anciennement Gazprom Germania, continue d’importer du GNL russe dans le cadre de contrats à long terme signés avant que l’Allemagne ne mette fin aux importations de gaz russe par pipeline. Elle reste l’un des principaux acheteurs du GNL Yamal de la Russie, avec le français TotalEnergies et le chinois CNPC.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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