La Turquie place en détention 23 personnes pour leurs liens présumés avec le mouvement Gülen
Les autorités turques ont placé en détention 23 personnes samedi, dont des chefs d’entreprise et des commerçants, lors de perquisitions dans quatre provinces. Elles sont accusées d’avoir apporté un soutien financier à des familles liées au mouvement Gülen, selon le Stockholm Center for Freedom.
Ces interpellations, ordonnées par le procureur général de Malatya, ont été menées par la police antiterroriste lors d’opérations centrées sur Malatya et étendues à Istanbul, Tekirdağ et Erzincan. Après trois jours d’interrogatoire, les tribunaux ont ordonné la détention provisoire de 10 suspects, tandis que 13 ont été libérés sous contrôle judiciaire.
L’une des détenues, une jeune femme dont le frère lui avait envoyé de l’argent, aurait été menacée pendant sa garde à vue. Les officiers lui auraient demandé de faire venir son frère pour qu’il se rende en échange de sa libération, selon TR724.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le regretté prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche. Il a qualifié ces enquêtes de complot güleniste et a ensuite désigné le mouvement comme une « organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant une répression massive après une tentative de coup d’État en juillet de la même année qu’il a attribuée à Gülen. Le mouvement nie toute implication dans cette tentative de putsch ou dans toute activité terroriste.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour leurs liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Les procédures judiciaires sont en cours pour plus de 24 000 personnes, tandis que 58 000 autres font toujours l’objet d’enquêtes actives près d’une décennie plus tard.
Outre les milliers de personnes emprisonnées, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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