La Turquie extrade le frère du trafiquant de drogue recherché Bolle Jos vers les Pays-Bas
La Turquie a extradé le frère aîné du trafiquant de drogue néerlandais fugitif Joseph Johannes Leijdekkers, alias Bolle Jos, vers les Pays-Bas après son interpellation par les autorités turques à Istanbul le mois dernier sur demande néerlandaise.
Le suspect a été identifié dans les médias néerlandais comme Harry L., 50 ans, et dans les rapports turcs sous le nom de Wilhelmus Adrianus Leijdekkers. Il est accusé par le parquet néerlandais de blanchiment des revenus du trafic international de cocaïne.
Le ministère public néerlandais a indiqué que le suspect avait été arrêté par les autorités turques à Istanbul le 17 mai et renvoyé aux Pays-Bas mardi. Les médias néerlandais ont rapporté son arrivée à l’aéroport de Schiphol sous escorte de la Marechaussée royale avant sa mise en détention.
Il comparaîtra vendredi devant un juge d’instruction.
Selon les procureurs néerlandais, des messages interceptés sur Sky ECC révèlent que le suspect aurait blanchi des millions d’euros en espèces, or et montres de luxe.
Le ministre néerlandais de la Justice David van Weel a salué cette extradition comme une « bonne nouvelle » dans la lutte contre le crime organisé, évoquant un blanchiment lié au trafic international de drogue à grande échelle.
Les médias turcs rapportaient le 17 mai que le MIT, les unités de renseignement de la police d’Istanbul et les stupéfiants avaient interpellé Wilhelmus Adrianus Leijdekkers dans le district de Pendik après avoir établi qu’il faisait l’objet d’un mandat rouge INTERPOL.
Selon les rapports turcs, il était recherché pour blanchiment d’actifs criminels et accusé de collaborer avec le réseau de trafic de cocaïne dirigé par son frère.
Ce cas attire l’attention en Turquie car le suspect avait déjà été interpellé lors d’opérations antérieures visant ce même réseau avant son extradition finale.
Le journal pro-gouvernemental Türkiye rapportait que les autorités turques avaient mené en juin 2023 des opérations contre des membres présumés du réseau Leijdekkers cachés en Turquie, interpellant 34 personnes et saisissant pour 1,1 milliard de livres d’actifs.
Certains suspects, dont Wilhelmus Adrianus Leijdekkers, avaient ensuite été libérés pendant la procédure judiciaire. Le parquet ayant fait appel, le tribunal pénal d’Istanbul n°16 avait émis de nouveaux mandats d’arrêt – mais les suspects s’étaient déjà enfuis.
Le président et les membres du tribunal pénal d’Istanbul n°15 ayant libéré 15 suspects risquant jusqu’à 82 ans de prison avaient ensuite été suspendus par le Conseil des juges et procureurs pour soupçons de corruption.
Joseph Johannes Leijdekkers, le frère cadet du suspect extradé, compte parmi les fugitifs les plus recherchés d’Europe. Condamné par contumace le 25 juin 2024 à 24 ans de prison par le tribunal de Rotterdam pour six transports totalisant plus de 7 000 kg de cocaïne, un braquage violent en Finlande et un meurtre commandité.
Les enquêteurs néerlandais l’impliquent également dans d’autres crimes graves, dont la disparition en 2019 à Amsterdam de Naima Jillal, présumée torturée et assassinée.
Une récompense de 200 000 euros est offerte pour toute information menant à son arrestation.
Longtemps suspecté de résider en Turquie, Leijdekkers vivrait en réalité en Sierra Leone depuis janvier 2025 selon le parquet néerlandais. Reuters rapportait la même mois, sur la base de sources, photos et vidéos, qu’il bénéficiait d’une protection de haut niveau dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
L’agence précisait l’avoir identifié lors d’un office religieux le 1er janvier 2025 aux côtés du président Julius Maada Bio. Trois sources évoquaient un mariage avec sa fille Agnes – information non confirmée indépendamment.
Les Pays-Bas ont demandé son extradition. Van Weel a annoncé cette semaine que son gouvernement envisageait de suspendre l’aide au développement européenne à la Sierra Leone pour son « échec » à coopérer.
Les pressions se sont intensifiées après la saisie record début mai par les autorités espagnoles de 30 tonnes de cocaïne sur le cargo Arconian (pavillon des Comores) au large des Canaries – une opération menée avec l’appui des Pays-Bas et des États-Unis.
Le navire, parti de Sierra Leone en direction de la Libye selon les rapports, devait transférer sa cargaison en mer vers des embarcations plus petites à destination de l’Europe. Vingt-trois personnes ont été interpellées, dont des gardes armés protégeant la cargaison.
Les autorités néerlandaises lient cette saisie au Mocro Maffia, un réseau criminel basé aux Pays-Bas. Les médias néerlandais et turcs l’associent également au réseau Leijdekkers.
Cette extradition intervient alors que la Turquie fait face à des critiques sur la présence de figures du crime organisé étranger sur son sol. Si les autorités turques mettent en avant une coopération accrue contre les réseaux internationaux, des observateurs pointent des failles permettant à des suspects de vivre en Turquie, d’y acquérir des actifs ou de quitter la détention avant de nouvelles interpellations.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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