La Turquie envisage de vendre les droits d’exploitation d’autoroutes et de ponts
La Turquie étudie la possibilité d’accorder à des entreprises privées les droits d’exploitation de certaines autoroutes et ponts pour des périodes déterminées afin de réduire la pression sur le budget de l’État, a rapporté vendredi le site d’information Dünya, citant le ministre des Transports et des Infrastructures Abdulkadir Uraloğlu.
S’exprimant devant des journalistes lors d’un événement de rupture du jeûne du Ramadan, Uraloğlu a déclaré que le gouvernement ne prévoyait pas de vendre les infrastructures elles-mêmes, mais examinait si les droits d’exploitation pouvaient être transférés temporairement afin que des opérateurs privés prennent en charge les coûts élevés de maintenance.
« Les autoroutes et les ponts ne sont pas à vendre », l’a cité Dünya. Il a précisé que le gouvernement prendrait sa décision après avoir comparé les dépenses de maintenance prévues avec les revenus potentiels générés par un tel transfert.
Uraloğlu a indiqué que certaines routes et ponts majeurs avaient atteint un stade exigeant des travaux de maintenance lourds, ce qui représente un fardeau financier croissant pour l’État.
Reuters a ensuite relayé ces propos, précisant qu’Ankara envisageait cette mesure pour soulager les pressions budgétaires, tout en soulignant qu’aucune décision finale n’avait été prise et qu’Uraloğlu n’avait cité aucun axe ou pont spécifique concerné.
Le sujet avait déjà fait surface auparavant. En septembre 2025, la Direction de la communication présidentielle turque avait qualifié de « trompeurs » les rapports affirmant que des ponts et autoroutes étaient « vendus ». Elle avait rappelé que ces infrastructures resteraient propriété publique et que seule leur gestion et maintenance était envisagée pour une durée limitée.
Cette déclaration liait également le plan au Programme à moyen terme du gouvernement, qui fixe des objectifs de revenus issus des privatisations et transactions similaires.
Le débat a refait surface après des rapports évoquant l’étude par Ankara d’un projet incluant certaines routes à péage et les ponts du Bosphore à Istanbul, la ville à cheval entre l’Europe et l’Asie abritant deux des ponts suspendus les plus emblématiques de Turquie.
La Turquie avait exploré des projets similaires par le passé. En 2013, le gouvernement avait annulé un appel d’offres de 5,7 milliards de dollars pour la privatisation des routes à péage et des ponts du Bosphore, jugeant l’offre trop faible.
Ces récentes déclarations suggèrent qu’Ankara revient à un modèle déjà étudié : conserver la propriété publique tout en transférant les coûts d’exploitation et de maintenance à des entreprises privées, en échange du droit de percevoir des revenus pour une période donnée.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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