La Turquie encore classée parmi les 10 pires pays pour les travailleurs selon la CSI
La Turquie demeure parmi les 10 pires pays au monde pour les droits des travailleurs, selon l’Indice global des droits 2026 publié par la Confédération syndicale internationale (CSI), qui cite la répression syndicale, les restrictions sur les grèves et les arrestations de membres de syndicats comme principales préoccupations.
La CSI, basée à Bruxelles et plus grande fédération syndicale mondiale, a classé la Turquie dans sa catégorie de pays offrant « aucune garantie de droits », une évaluation réservée aux États où les travailleurs sont considérés comme ayant un accès effectif limité aux droits du travail malgré des protections légales sur le papier.
La Turquie figure aux côtés de l’Argentine, du Bélarus, de l’Équateur, de l’Égypte, de l’Eswatini, du Myanmar, du Nigeria, du Panama et de la Tunisie.
« La Turquie conserve sa position de longue date dans le top 10 des pires pays pour les droits des travailleurs », indique le rapport, affirmant que le gouvernement du président Recep Tayyip Erdoğan a « un long historique d’écrasement des droits fondamentaux des travailleurs ».
Le rapport souligne plusieurs incidents survenus en 2025. Il mentionne que des travailleurs de Digel Textile, une entreprise textile allemande, ont été licenciés après avoir adhéré au syndicat TEKSIF, tandis que des employés du fabricant de systèmes hydrauliques SAG Hidrolik ont fait face à des licenciements et à des pressions présumées pour quitter un syndicat après l’obtention de droits de négociation.
La CSI critique également l’intervention de l’État dans les conflits du travail. Elle cite un décret présidentiel de juillet 2025 reportant une grève de mineurs chez Eti Maden, entreprise publique, pour des raisons de sécurité nationale. Selon la législation turque, de tels reports peuvent aboutir à un arbitrage obligatoire, empêchant les travailleurs de faire grève.
Le rapport met aussi en lumière les mesures prises contre les dirigeants du syndicat de l’éducation Eğitim Sen après l’organisation d’une grève de solidarité suite à l’arrestation du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu en mars 2025. Selon la CSI, les responsables syndicaux ont été placés en résidence surveillée puis soumis à des obligations de pointage.
La Turquie figure régulièrement en bas des classements annuels de la CSI, qui évalue les conditions des droits du travail dans 151 pays selon des critères incluant la liberté d’association, les droits de négociation collective, l’accès à la justice et le droit de grève.
Le gouvernement turc a précédemment rejeté les critiques internationales sur son bilan en matière de droits du travail et humains, arguant que les restrictions imposées aux grèves ou manifestations sont conformes à la loi nationale et aux exigences de l’ordre public.
Le rapport de la CSI paraît alors que les organisations syndicales en Turquie continuent de dénoncer les taux de syndicalisation, les droits de négociation collective et l’ingérence gouvernementale dans les conflits industriels. Les autorités turques affirment que les travailleurs bénéficient de droits protégés par la constitution et que des mécanismes légaux existent pour résoudre les conflits.
L’indice de la CSI s’appuie sur des informations recueillies auprès de syndicats affiliés et évalue les violations des droits du travail entre avril 2025 et mars 2026.
La Turquie a enregistré au moins 2 105 décès liés à des accidents du travail en 2025, selon un rapport de l’Observatoire pour la santé et la sécurité au travail (İSİG).
Cet article est republié depuis le Stockholm Center for Freedom.




