La Turquie en pourparlers avec l’Italie pour un système de défense antimissile face aux tensions régionales : rapport
La Turquie négocie avec l’Italie l’achat et la coproduction d’un système européen de défense antimissile alors qu’elle cherche à renforcer ses défenses aériennes face à l’escalade des tensions régionales, rapporte Bloomberg, citant des sources proches du dossier.
Ankara cherche depuis longtemps à acquérir le système de défense aérienne SAMP/T produit par le consortium franco-italien Eurosam, mais les précédentes tentatives ont échoué en raison des objections de la France. Des responsables turcs, s’exprimant sous couvert d’anonymat, estiment désormais que Paris pourrait être plus ouvert à un accord.
Cette nouvelle initiative intervient après une série d’incidents impliquant des missiles dans le cadre du conflit régional en cours, qui a débuté lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes contre l’Iran fin février.
En représailles, l’Iran a commencé à cibler Israël et à frapper des intérêts américains dans les pays du Golfe.
Depuis le début du conflit le 28 février, des missiles lancés depuis l’Iran ont pénétré ou approché l’espace aérien turc avant d’être interceptés par les systèmes de l’OTAN, bien que Téhéran nie avoir visé la Turquie et affirme respecter sa souveraineté.
La Turquie vise à intégrer le système SAMP/T dans un réseau de défense aérienne plus large et stratifié, parfois qualifié par les officiels de « dôme d’acier », s’inspirant en partie du Dôme de fer israélien, selon Bloomberg.
Ankara pousse depuis des années pour une coproduction de systèmes de défense aérienne avec ses alliés de l’OTAN dans le cadre de ses efforts pour développer son industrie de défense nationale. Un accord de 2018 avec Eurosam sur la coproduction n’a pas abouti en raison de désaccords, notamment avec la France.
Ni le ministère turc de la Défense ni les responsables italiens n’ont commenté les pourparlers, indique Bloomberg, tandis que la présidence française a renvoyé les questions au ministère de la Défense, qui n’a pas répondu.
Ces discussions surviennent alors que la Turquie intensifie sa production nationale d’armements. Le président Recep Tayyip Erdoğan a inauguré cette semaine la première phase d’une usine de production de missiles de 3 milliards de dollars près d’Ankara, exploitée par la société publique Roketsan, visant à augmenter la production de systèmes de défense antimissile et de missiles balistiques.
La Turquie doit également accueillir un sommet des dirigeants de l’OTAN en juillet et a appelé à une réduction des restrictions sur la coopération industrielle de défense au sein de l’alliance pour renforcer la dissuasion sur son flanc sud-est.
Parallèlement, Ankara cherche à apaiser les tensions avec les États-Unis après son achat en 2019 de systèmes de missiles russes S-400, qui a conduit à son exclusion du programme conjoint de chasseur F-35, rapporte Bloomberg.




