La Turquie classée deuxième en alertes aux pesticides dans l’UE en 2025, selon les données du RASFF
La Turquie a été le deuxième pays le plus fréquemment signalé pour des alertes liées aux pesticides sur les denrées alimentaires sur le marché de l’Union européenne en 2025, selon les données du Système d’alerte rapide pour les denrées alimentaires et les aliments pour animaux (RASFF) de l’UE.
Les chiffres compilés par Greenpeace Turquie à partir des archives du RASFF montrent que l’Inde arrive en tête avec 124 notifications pour pesticides l’année dernière, suivie par la Turquie avec 105 et l’Égypte avec 88. La Chine et le Brésil suivent avec respectivement 48 et 34 notifications.
Sur les 105 alertes concernant des produits turcs, 51 ont entraîné des refus à la frontière, selon les données. Plus de la moitié des cargaisons rejetées concernaient des poivrons frais, représentant 27 notifications. Les tomates arrivent ensuite avec neuf alertes, tandis que les grenades comptent pour cinq. Parmi les autres produits rejetés figurent des citrons, des feuilles de vigne, des poires, des pamplemousses, des mandarines et des pêches.
Huit des 27 alertes sur les poivrons concernaient le formétanate, un pesticide hautement toxique interdit d’utilisation sur les poivrons en Turquie. Les poivrons figurent régulièrement parmi les exportations turques les plus fréquemment rejetées ces dernières années.
Le directeur de Greenpeace Turquie, Berkan Özyer, a déclaré que la position de la Turquie en tant que deuxième pays le plus notifié était alarmante et révélait un problème systémique dans la production de poivrons. Il a appelé à la publication des résultats des analyses sur les pesticides, soulignant que plus de 50 000 personnes soutiennent la campagne de Greenpeace exigeant la transparence. Özyer a également rappelé qu’une décision de justice l’année dernière avait ordonné la divulgation de ces données, ajoutant que la persistance des poivrons dans les refus aux frontières suggère un échec continu à régler le problème.
L’UE utilise le système RASFF pour surveiller les risques liés à la sécurité alimentaire, en identifiant publiquement le pays d’origine, la raison du rejet et les substances nocives détectées. Les données montrent que les poivrons frais exportés par la Turquie dépassent régulièrement les limites autorisées de résidus de pesticides.
Le formétanate, l’une des substances citées dans les alertes, présente une toxicité aiguë élevée et affecte le système nerveux en inhibant l’acétylcholinestérase. L’exposition peut provoquer des maux de tête, des nausées et des difficultés respiratoires, et peut être mortelle dans les cas graves. L’Organisation mondiale de la santé classe le formétanate parmi les huit pesticides les plus dangereux, avertissant que ces produits chimiques peuvent continuer à présenter des risques pour les résidents à proximité même après leur application.
Par ailleurs, de nouvelles alertes enregistrées début 2026 soulignent des préoccupations persistantes. Le 7 janvier, la Croatie a rejeté des aubergines importées de Turquie après y avoir détecté des résidus de formétanate, émettant une alerte « grave » et ordonnant un refus à la frontière. Le 2 janvier, Malte a rejeté des figues sèches en provenance de Turquie après y avoir trouvé des niveaux d’ochratoxine A supérieurs aux limites autorisées, tandis qu’une autre notification le même jour signalait une contamination par l’aflatoxine B1 dans un autre lot de figues sèches.
Les groupes environnementaux ont à plusieurs reprises averti que les produits rejetés aux frontières de l’UE pourraient présenter des risques s’ils réintègrent les circuits d’approvisionnement nationaux, appelant à une plus grande transparence et à la publication des résultats des inspections.
Les pesticides sont des substances chimiques ou biologiques utilisées en agriculture pour protéger les cultures contre les parasites, les mauvaises herbes et les champignons. Les experts mettent en garde contre une utilisation excessive et non contrôlée des pesticides, qui présente des risques graves pour l’environnement et la santé humaine, les résidus pouvant contaminer les sols et les sources d’eau.
Une exposition aiguë aux résidus de pesticides peut provoquer des symptômes tels que nausées, irritations cutanées, démangeaisons et vertiges, tandis qu’une exposition à long terme a été associée à des conséquences plus graves, notamment des lésions neurologiques, des malformations congénitales, des maladies rénales et pulmonaires et des cancers.
Des alertes similaires ont été enregistrées les années précédentes, les résidus de pesticides, les mycotoxines et autres contaminants étant fréquemment cités dans les notifications de l’UE concernant les exportations turques.
La Turquie reste l’un des principaux fournisseurs alimentaires de l’UE, ce qui rend le respect des limites de pesticides un enjeu crucial tant pour la santé publique que pour la durabilité des exportations.




