La Turquie bloque 93 comptes sociaux pour des publications « provocatrices » après la décision controversée visant le CHP
Les autorités turques ont bloqué l’accès à 93 comptes sur les réseaux sociaux, accusés de publications « provocatrices » et de tentatives de créer un « chaos social » suite à une décision judiciaire controversée la semaine dernière destituant la direction du Parti républicain du peuple (CHP), principal parti d’opposition, selon des médias turcs.
Les comptes auraient diffusé du contenu « visant à perturber l’ordre public », insulté « des responsables de l’État » et mené des « activités numériques organisées » pour semer le trouble social.
Des enquêtes ont également été ouvertes contre les utilisateurs de ces comptes.
Cette mesure intervient après que la 36e chambre civile de la Cour régionale d’Ankara a annulé le 21 mai le congrès du CHP de 2023.
Le jugement a destitué à titre provisoire le dirigeant du CHP Özgür Özel et son équipe, réinstallant l’ancien président Kemal Kılıçdaroğlu et son entourage.
Le CHP a rejeté cette décision, tandis que des défenseurs des droits et des figures de l’opposition y voient une escalade dans la pression du gouvernement contre le principal parti d’opposition turc.
Human Rights Watch a qualifié cette décision de « nouveau coup sévère porté à l’État de droit, à la démocratie et aux droits humains » en Turquie.
La décision judiciaire a provoqué la colère des partisans du CHP et accru les tensions au sein du parti, qui avait remporté une victoire historique face au Parti de la justice et du développement (AKP) du président Recep Tayyip Erdoğan lors des élections locales de mars 2024.
Ces nouvelles restrictions surviennent dans un contexte de répression accrue contre les opposants, les journalistes et la liberté d’expression en ligne.
Les autorités turques ont fréquemment imposé des blocages de comptes sociaux lors de périodes politiquement sensibles, notamment après l’arrestation en mars 2025 du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu, considéré comme le principal rival politique d’Erdoğan.
İmamoğlu, toujours détenu pour des accusations de corruption qu’il rejette, est au cœur d’une vaste campagne ciblant les municipalités dirigées par le CHP depuis les victoires locales de l’opposition.
Plus de 20 maires du CHP ont été arrêtés ou emprisonnés dans le cadre d’enquêtes que le parti juge politiquement motivées.
Le gouvernement nie toute persécution de l’opposition et affirme que la justice agit en toute indépendance.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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