La Turquie arrête 8 personnes lors d’opérations visant des municipalités dirigées par le CHP
La police turque a arrêté huit personnes lors de deux opérations ciblant des municipalités dirigées par le principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), dans l’ouest de la Turquie jeudi et vendredi, dans le cadre d’enquêtes en cours contre les municipalités d’opposition.
Dans la province occidentale d’Uşak, les procureurs ont ouvert une enquête sur la municipalité du district d’Eşme pour extorsion présumée.
La police a arrêté vendredi quatre personnes dont le maire d’Eşme Yılmaz Tozan et son épouse Burcu Tozan, tandis que les recherches se poursuivaient pour appréhender un dernier suspect. Les forces de l’ordre ont également saisi du matériel numérique lors d’une perquisition à la mairie.
Dans la province nord-ouest de Bolu, les gendarmes ont arrêté jeudi Mustafa Altındal, président de la Chambre des primeurs et commerçants de marché, ainsi que deux employés. Ces interpellations s’inscrivaient dans le cadre d’une enquête distincte liée à une municipalité. Les trois suspects ont ensuite été déférés devant un juge après interrogatoire. Altındal et un employé ont été placés en détention provisoire tandis que l’autre suspect était libéré.
Ces arrestations récentes font suite à des interpellations antérieures de maires du CHP à Bolu et Uşak.
Le maire d’Uşak Özkan Yalım avait été arrêté fin mars dans le cadre d’une enquête pour corruption présumée, extorsion et truquage d’appels d’offres au sein de la municipalité. Le maire de Bolu Tanju Özcan, également membre du CHP, avait quant à lui été incarcéré en détention provisoire début mars dans une enquête distincte pour faute professionnelle.
Le CHP a dénoncé ces enquêtes, affirmant que les municipalités sous son contrôle subissent des pressions judiciaires croissantes depuis les gains électoraux du parti lors des élections locales de mars 2024, où il a remporté plusieurs grandes villes.
Un syndicat de travailleurs municipaux a révélé le mois dernier que ces pressions dépassent les cas individuels. Dans un communiqué du 31 mars, la Confédération des syndicats de travailleurs publics a indiqué que 85 municipalités avaient changé de mains depuis les élections de 2024 via des nominations de trustees, des destitutions, des arrestations et des changements de majorité dans les conseils municipaux.
Le syndicat précise que des trustees ont été nommés dans 13 municipalités, tandis que des maires élus ont été destitués dans 30 autres et que le contrôle politique a basculé dans 55 communes via des changements dans les conseils locaux. Il ajoute que 19 maires étaient en détention provisoire au 31 mars 2026.
Ces chiffres reflètent ce que les critiques décrivent comme une pression judiciaire et politique croissante sur les municipalités d’opposition, particulièrement celles dirigées par le CHP et le Parti démocratique des peuples (DEM Party) pro-kurde.
Depuis octobre 2024, les procureurs ont engagé de multiples enquêtes pour corruption et faute professionnelle contre des municipalités dirigées par le CHP. En mars 2025, le maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu avait également été arrêté dans le cadre d’une enquête distincte et reste incarcéré pendant que son procès se poursuit.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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