La Turquie arrête 32 personnes pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Les autorités turques ont arrêté jeudi 32 personnes dans le cadre de deux opérations distinctes menées dans plusieurs provinces, poursuivant ainsi la répression contre le mouvement Gülen, selon un rapport du Stockholm Center for Freedom.
Lors d’une opération dirigée par le procureur général de Malatya, la police a arrêté 23 personnes lors de perquisitions effectuées à Malatya et dans 16 autres provinces, dont Istanbul, Ankara et Izmir.
Les personnes interpellées ont été accusées d’avoir participé à des activités liées au mouvement Gülen.
Dans une opération distincte supervisée par le procureur général d’Izmir, la police a arrêté neuf personnes condamnées pour appartenance à une organisation terroriste en raison de leurs liens présumés avec le mouvement Gülen et qui avaient été libérées en attente d’appel.
Leurs condamnations reposaient sur l’utilisation de ByLock, une application de messagerie cryptée autrefois disponible sur l’App Store d’Apple et Google Play, que les autorités turques prétendent avoir été utilisée comme outil de communication secret par les sympathisants du mouvement Gülen.
Ces arrestations interviennent malgré un arrêt historique de la Grande Chambre de la Cour européenne des droits de l’homme en 2023 dans l’affaire Yüksel Yalçınkaya c. Turquie, qui a estimé que l’utilisation de ByLock ne constituait pas en soi une infraction pénale et était insuffisante pour justifier une condamnation pour terrorisme.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le prédicateur Fethullah Gülen, décédé en 2024 et basé aux États-Unis, depuis que des enquêtes pour corruption en décembre 2013 l’ont impliqué, ainsi que certains membres de sa famille et de son cercle proche. Il a qualifié ces enquêtes de complot du mouvement Gülen et a ensuite désigné le mouvement comme une « organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant une répression massive après une tentative de coup d’État en juillet de la même année, qu’il a attribuée à Gülen. Le mouvement nie toute implication dans cette tentative de coup d’État ou dans toute activité terroriste.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement depuis 2016, dont 11 085 sont toujours en prison. Des procédures judiciaires sont en cours contre plus de 24 000 individus, tandis que 58 000 autres font toujours l’objet d’enquêtes actives près d’une décennie plus tard.
Outre les milliers de personnes emprisonnées, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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