La Turquie arrête 237 personnes pour des liens présumés avec le mouvement Gülen
Les points importants
- Vague d'arrestations : 237 personnes arrêtées en deux semaines dans 42 provinces turques pour des liens présumés avec le mouvement Gülen.
- Méthodes contestées : Les accusations reposent notamment sur des « enquêtes par cabine téléphonique », sans preuve du contenu des appels.
- Répression massive : Plus de 126 000 condamnations depuis 2016, et des milliers d'exilés fuyant les persécutions du régime Erdoğan.
Les autorités turques ont arrêté 237 personnes au cours des deux dernières semaines lors d’opérations menées dans 42 provinces, ciblant des individus accusés de liens avec le mouvement Gülen, d’inspiration religieuse, a rapporté le Stockholm Center for Freedom, citant le ministère de l’Intérieur.
Le ministère a indiqué sur X que 128 suspects ont été placés en détention provisoire, tandis que 61 ont été relâchés sous contrôle judiciaire. Les procédures concernant les autres suspects seraient toujours en cours.
Les opérations ont été menées en coordination avec les procureurs, l’unité de renseignement de la police, les brigades de lutte contre la contrebande et la criminalité organisée, ainsi que la police antiterroriste, a précisé le ministère.
Les autorités accusent les détenus de continuer à opérer au sein du réseau du mouvement Gülen, d’apporter un soutien financier au mouvement et de communiquer via des cabines téléphoniques.
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan cible les sympathisants du mouvement Gülen, inspiré par le défunt prédicateur musulman Fethullah Gülen, depuis les enquêtes pour corruption de décembre 2013 qui l’ont impliqué, lui ainsi que des membres de sa famille et de son cercle rapproché. Il a qualifié ces enquêtes de complot de la part du mouvement Gülen et a ensuite désigné ce dernier comme une « Organisation terroriste » en mai 2016, intensifiant une vaste répression après une tentative de coup d’État en juillet de la même année qu’il a accusé Gülen d’avoir orchestrée. Le mouvement Gülen nie toute implication dans la tentative de putsch ou toute activité terroriste.
Les soi-disant « enquêtes par cabine téléphonique » se basent sur les relevés d’appels. Les procureurs allèguent qu’un membre du mouvement Gülen aurait utilisé une seule cabine téléphonique pour appeler consécutivement tous ses contacts. Partant de cette hypothèse, lorsqu’un présumé membre du mouvement Gülen est identifié dans les relevés d’appels, on suppose que les autres numéros appelés juste avant ou après l’appel principal appartiennent également à des personnes liées au mouvement Gülen. Les autorités ne possèdent pas le contenu des appels en question. La présomption de culpabilité repose uniquement sur l’ordre des appels passés depuis le téléphone.
Selon les derniers chiffres du ministère de la Justice, plus de 126 000 personnes ont été condamnées pour des liens présumés avec le mouvement Gülen depuis 2016, dont 11 085 sont toujours incarcérées. Les procédures judiciaires sont en cours pour plus de 24 000 individus, tandis que 58 000 autres font toujours l’objet d’une enquête active, près d’une décennie plus tard.
En plus des milliers de personnes emprisonnées, de nombreux autres sympathisants du mouvement Gülen ont dû fuir la Turquie pour échapper à la répression gouvernementale.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




