La Turquie arrête 170 personnes lors des célébrations kurdes du Nevruz
La police turque a arrêté 170 personnes lors de raids liés aux célébrations du Nevruz cette semaine, dans le cadre de la répression continue d’Ankara contre l’expression politique kurde, malgré les pourparlers de paix en cours avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) interdit.
Le Nevruz, fête du printemps largement célébrée dans la région, revêt une dimension politique particulière dans le sud-est de la Turquie à majorité kurde, où les rassemblements servent souvent à affirmer l’identité kurde et à réclamer des droits. Lors des célébrations cette année à Diyarbakır, la foule s’est rassemblée près d’une image d’Abdullah Öcalan, fondateur emprisonné du PKK.
Les arrestations sont liées à des accusations de propagande au nom du PKK pendant ou autour des événements du Nevruz. Une déclaration de la police indique que 72 personnes ont été arrêtées entre le 17 et le 22 mars dans neuf provinces, tandis que 98 autres ont été interpellées mardi dans six provinces.
Ces arrestations interviennent à un moment sensible dans les efforts du gouvernement pour faire avancer une nouvelle initiative de paix. Le 18 février, une commission parlementaire a approuvé un rapport proposant une feuille de route pour des réformes juridiques parallèlement au dépôt des armes par le PKK, afin de mettre fin à un conflit qui dure depuis plus de 40 ans. Le PKK est classé comme « organisation terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux.
Mais les dirigeants politiques kurdes affirment que le processus ne peut avancer uniquement sur des mesures sécuritaires. Lors des célébrations du Nevruz ce week-end, le Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM), pro-kurde, a appelé à des changements juridiques, une « loi sur la paix » formelle et un nouveau statut pour Öcalan, estimant qu’un règlement permanent nécessite des garanties légales.
Cette tension est désormais au cœur de l’initiative de paix turque. Ankara affirme que les progrès dépendent de l’abandon inconditionnel des armes et de la dissolution du PKK, tandis que les politiciens kurdes soutiennent que l’État criminalise toujours les discours, slogans et symboles liés à la vie publique kurde tout en demandant aux Kurdes de faire confiance au gouvernement.
Les groupes de défense des droits ont critiqué l’utilisation par la Turquie des accusations de « propagande terroriste » dans des cas impliquant des chants, danses et activités linguistiques kurdes, affirmant que les autorités utilisent la loi pour punir des expressions non violentes.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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