La Turquie annonce une hausse surprise des taxes pour renforcer son budget, freinant la demande de livres : rapport
La Turquie a augmenté les taxes à la source sur les dépôts en livres et les fonds communs de placement, resserrant son emprise sur l’épargne des ménages alors qu’elle cherche de nouvelles recettes pour réduire le déficit budgétaire, selon un rapport de Bloomberg publié mercredi.
La taxe sur les dépôts d’une durée maximale de six mois est passée à 17,5 % contre 15 % auparavant, selon un décret présidentiel publié mardi. Pour les dépôts allant jusqu’à un an, elle est passée à 15 % contre 12 %. Les revenus des fonds communs de placement, à l’exception des fonds fortement exposés aux actions et des fonds immobiliers ou de capital-risque à long terme, seront taxés à 17,5 % contre 15 % précédemment.
Cette décision intervient après que le ministre turc du Trésor et des Finances Mehmet Şimşek a reconnu certaines faiblesses dans les recettes budgétaires du pays lors d’un discours à Londres mardi. L’objectif de déficit budgétaire de 3,1 % pour 2025 par rapport au PIB « pourrait ne pas être atteint car les performances des recettes ne sont pas aussi solides qu’escompté », a déclaré Şimşek selon l’agence de presse publique Anadolu.
Si ces hausses pourraient renforcer les finances publiques face à un déficit budgétaire croissant, elles compliquent aussi la campagne de la banque centrale pour dédollariser l’économie et encourager l’épargne en livres en offrant des rendements réels positifs. La plupart des analystes s’attendent à une baisse des taux en juillet.
« Cette augmentation de la taxe à la source est une surprise », a déclaré Batuhan Özşahin, directeur des investissements chez Ata Portfoy. « Comme elle concerne à la fois les dépôts et les fonds communs en livres, les alternatives pour les investisseurs sont limitées. »
Mehmet Gerz, PDG d’Osmanli Portfoy, estime que cette mesure pourrait pousser les investisseurs vers les actions. L’indice de référence Borsa Istanbul 100 affichait une hausse de 0,8 % à 11h07 à Istanbul.
Le déficit budgétaire a atteint 650 milliards de livres (16 milliards de dollars) sur les cinq premiers mois de 2025, en hausse de 38 % sur un an. Les dépenses ont augmenté de 44 %, notamment en raison du poids accru des paiements d’intérêts. Le gouvernement vise un déficit annuel de 1,93 trillion de livres, avec un objectif à moyen terme de 3,1 % du PIB.
Par ailleurs, le montant placé dans les fonds d’investissement s’élevait à 6,25 billions de livres au 8 juillet, selon les données de la Central Securities Depository.
Après l’arrestation en mars du maire d’Istanbul Ekrem İmamoğlu – qui avait provoqué un fort recul des marchés turcs -, la banque centrale avait réagi par des hausses de taux et des mesures supplémentaires. Si ces actions ont rendu les fonds monétaires attractifs, la banque centrale a aussi drainé plusieurs fois les liquidités excédentaires pour relever les taux des dépôts.
Alors que le dollar a perdu de sa valeur face à la plupart des devises émergentes en raison des guerres commerciales mondiales, il s’est apprécié face à la livre en raison des turbulences politiques en Turquie. La livre s’est dépréciée de près de 12 % cette année, le pire résultat mondial après le peso argentin.




