La Turquie affirme que ses avertissements Navtex en mer Égée n’ont pas de date de fin, visant les actions grecques en mer
Le ministère de la Défense turc a déclaré jeudi que ses récents avertissements de navigation, ou Navtex, en mer Égée avaient été émis sans date de fin, contredisant les médias grecs qui les présentaient comme une manœuvre de deux ans pour affirmer les revendications maritimes turques.
Le contre-amiral Zeki Aktürk, porte-parole du ministère, a précisé lors d’un point presse hebdomadaire à Ankara que ces avertissements resteraient valables pour une période « indéfinie » et reflétaient la position juridique de la Turquie.
Cette déclaration est importante car le Navtex ne se limite pas à une simple alerte de sécurité maritime. En mer Égée, il sert aussi à officialiser des revendications concurrentes dans le trafic maritime, un outil utilisé par ces deux alliés de l’OTAN lors d’exercices, de publications de plans de recherche ou de contestations de juridiction.
Selon des médias grecs, deux avertissements turcs – émis depuis les stations d’İzmir et d’Antalya – ont réaffirmé les positions d’Ankara sur ce qu’elle considère comme son plateau continental en mer Égée, exigeant que toute activité de recherche soit coordonnée avec les autorités turques.
Le ministère turc a qualifié ces avertissements de « objections techniques » face à ce qu’il décrit comme des actions illégales de la Grèce en mer Égée, soulignant qu’ils n’étaient pas limités dans le temps.
Lors de ce même briefing, le ministère a rappelé que ces avertissements soulignaient l’exigence turque que toute recherche dans les zones maritimes revendiquées soit coordonnée avec Ankara, ajoutant que les activités militaires risquant de compromettre la navigation autour des îles que la Turquie considère comme démilitarisées violent les accords internationaux.
Cette escalade intervient alors que la Grèce et la Turquie préparent de nouvelles discussions de haut niveau prévues mi-février, avec une rencontre entre leurs dirigeants en Turquie.
Elle fait suite également à la déclaration du ministre grec des Affaires étrangères sur l’intention d’Athènes d’étendre ses eaux territoriales, y compris en mer Égée, malgré les mises en garde répétées d’Ankara qui considérerait une telle décision comme un casus belli.
La Turquie et la Grèce, rivales de longue date mais alliées au sein de l’OTAN, s’affrontent depuis des décennies sur les frontières maritimes, l’espace aérien et le statut des îles proches des côtes turques, des différends ayant provoqué de multiples crises en mer Égée et en Méditerranée orientale.
Sur la question de la démilitarisation, la Turquie invoque des traités comme l’article 13 du traité de Lausanne de 1923, imposant des restrictions pour Lesbos, Chios, Samos et Ikaria.




