La Turquie affirme avoir capturé 75 % des chiens errants malgré les critiques sur la loi d’abattage
La Turquie a capturé environ 75 % des chiens errants dans le cadre d’une campagne nationale, a déclaré le ministre de l’Intérieur Mustafa Çiftçi lors d’une interview diffusée par la chaîne publique TRT Haber.
Çiftçi a indiqué que trois chiens sur quatre avaient été placés soit dans des refuges, soit dans ce que les autorités appellent des zones de vie naturelles. Il a affirmé que cette politique visait à améliorer la sécurité publique et à retirer les chiens des rues pour les placer sous la garde des municipalités.
Le ministre a cité les attaques de chiens comme justification de cette campagne, évoquant notamment un cas survenu à Erzurum l’année dernière où un enfant aurait été gravement blessé par des chiens errants. Il a également précisé que les déchets alimentaires collectés dans le cadre du projet « Zéro Déchet » de la Turquie étaient transformés en nourriture pour animaux dans les refuges.
Cette opération fait suite aux amendements adoptés en juillet 2024 à la Loi sur la protection des animaux, soutenus par le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir et son allié nationaliste d’extrême droite, le Parti d’action nationaliste (MHP). La loi n° 7527 oblige les municipalités à capturer les chiens errants et à les placer dans des refuges. Les chiens jugés dangereux, en phase terminale ou inaptes à l’adoption peuvent être euthanasiés conformément aux dispositions de la Loi sur les services vétérinaires.
Si le projet de loi initial prévoyait explicitement l’euthanasie, ce terme a finalement été retiré du texte face à l’opposition de l’opinion publique. Malgré cela, la loi a suscité une forte opposition des groupes de défense des animaux et du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), qui y voient une porte ouverte aux abattages massifs et une violation des standards de protection animale. Les détracteurs l’ont surnommée « loi du massacre ».
Les opposants soulignent également que la Turquie ne dispose pas de la capacité d’accueil nécessaire pour appliquer cette loi de manière humaine. Reuters rapportait lors de l’adoption de la loi que la Turquie comptait environ 4 millions de chiens errants pour seulement 322 refuges pouvant accueillir quelque 105 000 animaux.
En août 2024, le CHP a saisi la Cour constitutionnelle pour annuler la plupart des dispositions de la loi, arguant qu’elle violait le droit à la vie et contredisait les accords internationaux. Mais la cour a rejeté ce recours en mai 2025, laissant la loi en vigueur.




