La Russie annonce que Gazprom est en pourparlers avec la Turquie pour prolonger les contrats gaziers
Le géant gazier russe Gazprom négocie avec ses partenaires turcs la prolongation de contrats clés d’approvisionnement en gaz naturel arrivant à expiration fin d’année, a déclaré lundi le vice-Premier ministre russe Alexander Novak à l’agence d’État TASS.
Lors d’un point presse à Riyad, Novak a précisé que Gazprom et les importateurs turcs étudiaient les modalités de report des accords existants. « Gazprom est en contact avec ses partenaires turcs », a-t-il affirmé lorsqu’on l’a interrogé sur une éventuelle prolongation des contrats gaziers entre la Russie et la Turquie.
Selon TASS, les discussions portent sur les accords entre Gazprom et la compagnie pétrogazière publique turque BOTAŞ concernant les flux transitant par les gazoducs Blue Stream et TurkStream, qui relient la Russie à la Turquie sous la mer Noire. Ces contrats couvrent ensemble environ 21,75 milliards de mètres cubes annuels et arrivent à échéance fin 2025.
Gazprom a également conclu depuis 2007 des contrats à long terme avec plusieurs importateurs privés turcs, dont certains expirent entre 2025 et 2026, accentuant la pression pour renégocier les termes.
L’agence russe rapporte que Gazprom a tenu cinq réunions avec des partenaires turcs en 2025 pour examiner l’état et l’avenir des approvisionnements, incluant des discussions avec BOTAŞ et la société privée Bosphorus Gaz Corporation.
La Turquie dépend largement des importations pour sa production électrique, son chauffage et son industrie. La Russie demeure son principal fournisseur malgré les sanctions occidentales liées à l’invasion de l’Ukraine.
Les données officielles du régulateur énergétique turc montrent que le pays a importé environ 50 milliards de m³ de gaz naturel en 2023, dont plus de 21 milliards en provenance de Russie (40% du total).
Ankara tente de diversifier ses sources en achetant davantage de GNL aux États-Unis et ailleurs. En septembre, BOTAŞ a signé un contrat d’approvisionnement sur 20 ans avec la société Mercuria pour 4 milliards de m³ annuels à partir de 2026.
Les autorités turques présentent cet accord comme une stratégie globale pour sécuriser les approvisionnements et réduire l’exposition aux gaz russe et iranien.
Parallèlement, la Turquie et la Russie ont renforcé leur coopération gazière. TurkStream alimente désormais aussi certains pays de l’UE après l’interruption d’autres voies d’approvisionnement.
Selon des calculs de Reuters, TurkStream a livré environ 20 milliards de m³ annuels à la Turquie et l’Europe, faisant de la Turquie le dernier grand marché européen de Gazprom.
Les États-Unis ont accordé à la Turquie des dérogations pour continuer à payer le gaz russe malgré les sanctions, craignant qu’un arrêt brutal n’affecte son économie.
Une source turque a indiqué à Reuters que Washington avait prolongé jusqu’en mai une dérogation pour les paiements via Gazprombank.
Le président Poutine promeut depuis longtemps l’idée d’un hub gazier régional en Turquie qui pourrait mixer le gaz russe avec d’autres sources. Les nouvelles négociations révélées par Novak suggèrent que Moscou veut consolider sa position malgré les initiatives turques de diversification.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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