La population carcérale en Turquie continue d’augmenter, dépassant de 42 % sa capacité officielle
La population carcérale turque a atteint 433 543 détenus, dépassant de 42 % la capacité officielle, selon un rapport du Stockholm Center for Freedom citant des données de la Société civile dans le système pénitentiaire (CISST), un groupe de défense des droits des prisonniers.
Les données au 1er décembre montrent que près de 5 000 personnes ont été ajoutées à la population carcérale turque en un seul mois, poussant le système bien au-delà de sa capacité totale de 305 286 places réparties dans 403 prisons.
Parmi les détenus figurent 4 666 mineurs âgés de 12 à 18 ans dans des centres de correction pour jeunes ou des sections pour mineurs de prisons pour adultes, ainsi que 822 enfants de moins de 6 ans qui vivent avec leurs mères incarcérées, selon le rapport.
La Turquie reste en tête des pays européens pour le nombre total de prisonniers et le taux d’incarcération pour 100 000 habitants, selon le Rapport annuel 2024 sur les statistiques pénales du Conseil de l’Europe, qui montre une augmentation de 80 % de la population carcérale entre 2013 et 2024.
Face à cette croissance, le gouvernement turc continue d’étendre le système pénitentiaire. Six nouvelles prisons doivent ouvrir d’ici fin 2025, suivies de neuf en 2026, cinq en 2027 et deux en 2028. Avec ces 22 nouveaux établissements, le nombre total de prisons en Turquie atteindra 424 fin 2028.
Le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir prévoit également de relancer un programme de libération anticipée instauré pendant la COVID-19 dans le cadre du 11e train de réformes judiciaires, qui pourrait permettre à 50 000 à 55 000 détenus d’effectuer leur peine en liberté surveillée.
Ce projet de loi étend une mesure d’urgence utilisée en 2020, lorsque le gouvernement avait autorisé la libération anticipée sous surveillance des détenus dans des établissements de faible sécurité en raison de la pandémie. Le gouvernement propose désormais d’étendre cette option aux personnes ayant commis des crimes avant le 31 juillet 2023, mais dont les condamnations n’étaient pas définitives à cette date. Les responsables du parti au pouvoir affirment que cette mesure permettrait à ces détenus d’achever leur peine hors de prison sous surveillance.
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
Et vous, qu'en pensez-vous ?




