La bourse d’Istanbul plonge après la destitution de dirigeants de l’opposition et une inflation supérieure aux prévisions
La principale bourse turque a chuté pour le deuxième jour consécutif après qu’un tribunal a destitué la direction stambouliote du Parti républicain du peuple (CHP) et nommé une administration intérimaire, tandis que les nouvelles données sur l’inflation dépassaient les attentes, a rapporté mercredi le site d’information Ekonomim.
La Borsa İstanbul est la principale place boursière de Turquie, équivalente au New York Stock Exchange aux États-Unis.
Son principal indicateur est l’indice BIST 100, qui regroupe les 100 plus grandes entreprises cotées et les plus échangées.
L’indice a perdu plus de 3% mardi avant de chuter à nouveau mercredi en séance, avec un sous-indice bancaire en baisse de plus de 6% à un moment donné.
Un sous-indice est un groupe restreint au sein d’un indice plus large qui suit un secteur spécifique comme les banques.
Les traders ont identifié deux facteurs à l’origine de cette vente massive.
Le premier est le risque politique après qu’un tribunal civil a annulé le congrès provincial 2023 du parti d’opposition à Istanbul, destitué le président provincial Özgür Çelik et son bureau, et nommé une équipe intérimaire de cinq personnes pour gérer la section en attendant de nouvelles élections internes.
Une administration intérimaire désigne dans ce contexte un groupe temporaire nommé par un juge pour gérer une section de parti jusqu’à la conclusion des procédures.
Le CHP est le plus ancien parti politique de Turquie et le principal rival du mouvement du président Recep Tayyip Erdoğan. Sa section d’Istanbul constitue un bastion de soutien pour le maire stambouliote Ekrem İmamoğlu.
Le second facteur est l’inflation.
Les données officielles montrent que les prix à la consommation ont augmenté de 2,04% en août par rapport à juillet, dépassant les attentes du marché d’environ 1,8%, portant le taux annuel à 32,95%.
Une inflation supérieure aux prévisions peut limiter les baisses de taux d’intérêt par la banque centrale.
Lorsque les investisseurs anticipent des baisses de taux plus modestes ou plus tardives, les coûts d’emprunt restent élevés plus longtemps, ce qui peut peser sur les actions, notamment celles des banques qui dépendent de la croissance des prêts et du financement à bas coût.
Les analystes de marché estiment que les niveaux clés pour le BIST 100 se situent autour de 10 700 points comme support à court terme et entre 11 000 et 11 100 points comme résistance – des termes utilisés par les traders pour désigner les zones où les ventes ou achats se concentrent habituellement.
Le support désigne une zone de prix où les acheteurs interviennent généralement, tandis que la résistance est une zone où les vendeurs apparaissent souvent.
Les investisseurs surveillent également le calendrier politique.
Une audience prévue le 15 septembre examinera un recours contestant l’élection à la tête du parti d’opposition qui a porté Özgür Özel à sa présidence en novembre 2023.
Les commentateurs pro-gouvernementaux ont suggéré que la décision stambouliote pourrait préfigurer une remise en cause de la direction nationale, tandis que les figures de l’opposition ont dénoncé une atteinte à l’autonomie des partis.
La prochaine décision de taux de la banque centrale est attendue le 11 septembre, ce qui façonnera les anticipations sur les coûts d’emprunt pour le reste de l’année.
Pour l’instant, les traders estiment que l’actualité politique, l’inflation et les anticipations de taux guideront davantage les mouvements de prix que les nouvelles spécifiques aux entreprises.




