Erdoğan salue l’armée syrienne pour une offensive « prudente » malgré les « provocations »
Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a félicité les forces gouvernementales syriennes pour ce qu’il a qualifié d’offensive prudente dans le nord de la Syrie, affirmant que Damas avait agi avec retenue malgré les provocations en repoussant les forces dirigées par les Kurdes hors des zones contestées.
Dans des propos publiés lundi par les médias pro-gouvernementaux, Erdoğan a déclaré aux députés de son Parti de la justice et du développement (AKP) que la Turquie devrait éviter les mesures pouvant nuire à la « fraternité » entre Arabes, Turcs et Kurdes et ne pas tomber dans le piège des provocations liées aux combats en Syrie.
Ces commentaires font suite à des jours d’affrontements autour d’Alep entre les forces gouvernementales syriennes et les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition dirigée par les Kurdes soutenue par les États-Unis qui contrôle de vastes zones du nord-est de la Syrie depuis des années. La Turquie considère les FDS comme liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une insurrection de plusieurs décennies en Turquie et est désigné comme une organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux.
Les alliés d’Erdoğan présentent les avancées du gouvernement syrien comme une étape vers la restauration de l’autorité centrale en Syrie après des années de guerre et l’affaiblissement des groupes militants que la Turquie considère comme une menace le long de sa frontière sud.
La Turquie est le principal soutien étranger du gouvernement syrien actuel dirigé par le président Ahmed al-Sharaa, un ancien chef rebelle arrivé au pouvoir après le renversement de Bachar al-Assad en 2024.
La semaine dernière, les forces gouvernementales syriennes ont pénétré dans des zones d’Alep contrôlées par les forces kurdes, après des combats ayant provoqué le déplacement massif de civils.
Dimanche, les FDS ont conclu un accord avec le gouvernement syrien pour placer les autorités civiles et militaires kurdes sous le contrôle de Damas. Dès lundi, les forces gouvernementales syriennes avaient pris le contrôle des zones précédemment tenues par les FDS.
Les responsables turcs affirment depuis longtemps que le maintien du contrôle territorial des FDS de l’autre côté de la frontière constitue un obstacle majeur aux efforts d’Ankara pour faire avancer un processus de paix avec le PKK.
La Turquie a salué cet accord comme un « tournant historique », soulignant que la stabilité en Syrie était vitale pour son objectif d’élimination du terrorisme sur son territoire.
Le gouvernement d’Erdoğan a maintes fois menacé d’une intervention militaire dans le nord de la Syrie si les forces kurdes refusaient de s’intégrer à l’État syrien.
Avec des informations de l’Agence France-Presse




