Des procureurs turcs inculpent 35 hauts responsables israéliens pour l’interception de la flottille Sumud
Les procureurs turcs ont inculpé 35 hauts responsables israéliens pour l’interception en octobre 2025 de la flottille internationale Sumud à destination de Gaza, les accusant de divers crimes dont des crimes contre l’humanité dans une affaire liée à une mission humanitaire stoppée en eaux internationales, ont rapporté les médias turcs vendredi.
Le procureur général d’Istanbul a déclaré avoir terminé son enquête et transmis un acte d’accusation au tribunal, marquant une nouvelle étape dans une affaire qui avait déjà abouti à des mandats d’arrêt l’année dernière contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d’autres hauts responsables.
L’affaire découle de la flottille internationale Sumud, un vaste convoi militant qui a pris la mer en 2025 pour tenter de briser le blocus israélien de Gaza et livrer de l’aide, notamment des fournitures médicales. La flottille comprenait environ 50 navires et plus de 500 militants de plusieurs pays, dont la Turquie.
La Turquie a ouvert une première enquête le 2 octobre 2025 concernant la détention de citoyens turcs à bord de la flottille. Les procureurs ont ensuite élargi l’affaire, et le 7 novembre 2025, les autorités turques ont annoncé des mandats d’arrêt contre 37 responsables israéliens, qualifiant l’interception de la flottille comme faisant partie d’un schéma plus large lié aux actions d’Israël à Gaza.
Le parquet a déclaré que la flottille avait été interceptée par les forces de sécurité israéliennes alors qu’elle naviguait en eaux internationales et que cette intervention n’avait aucun fondement légal. Les procureurs ont affirmé que les navires avaient été forcés de s’arrêter et que les civils à bord avaient été retenus de force, physiquement agressés et soumis à des traitements incompatibles avec la dignité humaine.
L’acte d’accusation reproche aux suspects des crimes contre l’humanité, un génocide, la détention illégale de civils, des agressions contre des passagers, des actes de torture, des vols, des dégradations de biens et la saisie des navires, selon un communiqué du parquet rapporté par l’agence de presse publique Anadolu.
Les autorités turques n’ont pas encore rendu publique la liste complète des 35 suspects concernés par l’annonce de vendredi. On ignore donc si l’acte d’accusation couvre tous les responsables nommés dans la décision de mandat de novembre 2025, qui ciblait selon Turkish Minute Netanyahu et 36 autres hauts responsables israéliens, dont l’ancien ministre de la Défense Israel Katz, l’ex-ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, l’ancien chef d’état-major Herzi Halevi et le commandant de la marine David Saar Salama.
Ce n’est pas la première fois que les autorités turques engagent des poursuites contre des responsables israéliens.
En 2010, des commandos israéliens avaient pris d’assaut le Mavi Marmara en eaux internationales, tuant 10 personnes et déclenchant des inculpations in absentia en Turquie contre quatre anciens commandants israéliens.
En juin 2016, Israël et la Turquie ont conclu un accord de normalisation prévoyant le transfert par Israël de 20 millions de dollars sur un compte gouvernemental turc pour distribution aux familles des victimes, tandis que la Turquie s’engageait à adopter une loi interdisant les poursuites civiles et pénales contre les soldats israéliens et empêchant de futurs procès. Le paiement a été effectué en septembre 2016.
Suite à cet accord et à la nouvelle interdiction légale, un tribunal d’Istanbul a abandonné l’affaire du Mavi Marmara en décembre 2016 et annulé les mandats contre les officiers israéliens accusés, une décision qui a suscité de vives protestations des familles des victimes et de leurs avocats.




