Des personnalités politiques et défenseurs des droits affirment qu’Öcalan est clé pour la paix en Turquie et plaident pour sa libération par des voies légales
Un groupe de personnalités politiques, défenseurs des droits humains et universitaires du monde entier, réunis à Istanbul ce week-end, a qualifié le leader kurde emprisonné Abdullah Öcalan de figure centrale pour la paix en Turquie. Ils ont appelé à des réformes juridiques permettant sa libération, selon une déclaration finale rendue publique jeudi.
Cette déclaration émane des participants d’une réunion de deux jours organisée par le Parti pour l’égalité et la démocratie des peuples (DEM Parti), pro-kurde, les 6 et 7 décembre.
La réunion a réuni un panel prestigieux d’invités internationaux, dont le négociateur constitutionnel sud-africain Mohamed Bhabha, le président national du Sinn Féin Declan Kearney (Irlande du Nord), l’ancien président catalan Pere Aragonès, le député basque Igor Zulaika et la parlementaire italienne Laura Boldrini, présidente de la commission des droits humains.
Les prix Nobel de la paix Jody Williams et Shirin Ebadi ont participé par visioconférence, aux côtés de l’élu socialiste européen Giacomo Filibeck, du syndicaliste britannique Simon Dubbins (Unite) et du député européen socialiste italien Brando Benifei.
« We regard this declaration as a historic step taken on the path to lasting peace, and call on all parties to fulfil their responsibilities. »
The final declaration of International Peace and Democratic Society Conference held in Istanbul on 6-7 December:https://t.co/aqQoUQGHGu
— DEM Party English (@DemPartyEnglish) December 11, 2025
Parmi les universitaires présents figuraient le sociologue espagnol Louis Lemkow, le spécialiste de droit constitutionnel allemand Norman Paech (ex-Bundestag), l’historien égyptien Mohamed Refaat et le théoricien marxiste irlandais John Holloway, basé au Mexique.
Öcalan est le fondateur du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe armé qualifié d' »organisation terroriste » par la Turquie et ses alliés occidentaux.
Le PKK combat l’État turc depuis 1984. Capturé en 1999, Öcalan a été condamné à la prison à vie aggravée. Il est détenu depuis plus de 26 ans sur l’île-prison d’İmralı en mer de Marmara.
La déclaration estime que le conflit en Turquie a causé « douleurs, pertes et destructions » depuis 40 ans et ne doit pas se reproduire. Elle qualifie l’appel à la paix lancé par Öcalan en février d' »opportunité historique », et salue la promesse récente du PKK de renoncer aux armes comme un geste « courageux » ouvrant la voie à une stabilité durable.
Les signataires voient en Öcalan « un acteur clé pour la paix, la transformation démocratique et le pluralisme », pas seulement pour les Kurdes mais aussi pour la Turquie et le Moyen-Orient. Ils jugent son rôle indispensable à toute résolution.
Le texte lie l’avenir de la paix à un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme sur le « droit à l’espérance », qui stipule que tout détenu doit avoir une chance réaliste de libération.
Il exhorte la Turquie à réformer son droit pour rendre possible la libération d’Öcalan dans le cadre d’une « paix honorable ». En attendant, ses écrits devraient être accessibles et ses contacts autorisés.
Le groupe prône des solutions politiques par le dialogue, avec une participation accrue des femmes aux négociations.
La déclaration soutient aussi la critique d’Öcalan contre l’État-nation traditionnel, appelant à un nouveau « contrat social démocratique » garantissant l’égalité entre communautés et genres.
Les participants citent en exemple les processus de paix en Afrique du Sud, Irlande, Pays basque et Catalogne, montrant comment des systèmes centralisés peuvent évoluer. Ils appellent la Turquie à renforcer la démocratie locale.
Sur l’Europe, ils saluent la position constructive du Parlement européen mais demandent à l’UE d’être plus active, voire médiatrice si les parties l’acceptent.
Le texte lie les avancées à la situation des prisonniers politiques comme Öcalan, dont la libération serait une « nécessité historique et juridique ».
Les signataires promettent de suivre l’évolution du processus, décrivant leur déclaration comme une étape vers une Turquie « démocratique et inclusive ».
Cet article a été traduit de sa version originale depuis le site Turkish Minute.
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